Attention, certains cantons vérifieront vos déclarations

Publié

Impôts et télétravailAttention, certains cantons vérifieront vos déclarations

Entre le chômage partiel et le télétravail, nombreux sont ceux qui devront tailler dans leurs déductions pour frais de repas et de transport. Mais les contrôles ne seront pas les mêmes partout.

Les déclarations d’impôts devront être adaptées dans certains cantons, mais pas sûr que les autorités aient le temps de tout passer au peigne fin.

Les déclarations d’impôts devront être adaptées dans certains cantons, mais pas sûr que les autorités aient le temps de tout passer au peigne fin.

Getty Images

Dans les cantons de Vaud et de Genève, les autorités l’ont dit clairement: si vous avez travaillé une partie de l’année 2020 à la maison et si vous avez été au chômage partiel, il faudra en calculer le nombre de jours et il n’est pas question de déduire les frais de repas et de transport au moment de remplir les déductions dans votre déclaration d’impôts. Certains autres cantons romands, eux en revanche, ne vont pas se compliquer la tâche (lire encadré).

Moins de déductions, donc un revenu imposable plus élevé et une facture qui peut grimper: voilà le menu. Mais les Cantons ont-ils les moyens de s’assurer de l’honnêteté de leurs assujettis? Ou vont-ils fermer les yeux sur la malice de ceux qui déduiront quand même le maximum de frais professionnels pour ne pas alourdir la douloureuse?

Au bon vouloir de l’employeur

À Genève, le fisc compte sur la collaboration, non obligatoire, des employeurs. «Nous leur recommandons de mentionner le nombre de jours de télétravail à la rubrique «Observations» du certificat de salaire», déclare le Département des finances. S’ils ne le font pas, la vérification s’annonce plus ardue.

Quant au chômage partiel, la tâche est facilitée par Berne: «nous sommes informés par la Confédération de l'identité des personnes» qui ont bénéficié de RHT. Ainsi, si quelqu’un déclare la totale en déductions alors qu’il a été au chômage partiel, ça risque d’éveiller des soupçons.

Ailleurs, pas de tracas

Le canton de Fribourg a indiqué au «Temps» que, pour 2020, si une personne a travaillé à 100%, peu importe qu’elle l’ait fait à la maison ou au bureau, elle peut déduire des frais pour l’entier des jours. Le but de cette souplesse est tout avoué: ne pas «se lancer dans des comptes d’apothicaire». La politique est la même en Valais: un travailleur peut faire ses déductions sans tenir compte des jours travaillés à la maison. Du côté de Neuchâtel, on apprend notamment qu’il est possible de déduire le coût d’un abo de transports publics s’il a été acheté en 2020.

Le Canton de Vaud est plus discret sur sa stratégie. «L’autorité fiscale procédera normalement à l’examen des dossiers en prenant en considération l’ensemble des informations à sa disposition et si cela est nécessaire, des demandes de pièces complémentaires seront adressées», répond laconiquement l’Administration cantonale des impôts, qui relève néanmoins que de déduire des frais que l’on n’a pas assumés car on travaillait à la maison «paraît contraire au principe de l’égalité de traitement».

À chacun ses calculs: les montants économisés en «trichant» sur ses déductions devraient dans la plupart des cas rester faibles. Reste à savoir si cela en vaut la chandelle et à mesurer le risque d’être démasqué et d’être puni.

Déduire les frais du télétravail: pas facile

Comme l’a relevé le journal «Le Temps» dans un article exhaustif sur les politiques des cantons romands, déduire les frais engendrés par le télétravail (achat de matériel, électricité, etc.) n’est ni toujours très intéressant ni même donné à tout le monde. Pour les déduire, il faut par exemple que la personne travaille dans une pièce aménagée spécialement pour un usage professionnel. Si vous travaillez dans votre salon ou dans votre chambre, vous pouvez déjà marquer dommage. Et les frais engendrés pour tout un chacun sont compris dans la déduction intitulée «Autres frais professionnels», qui est en général d’au minimum 2000 francs.

Ton opinion

376 commentaires
L'espace commentaires a été desactivé