Une salle de grimpe à Berne interdit une zone aux hommes: «C'est injuste»

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BerneUne salle interdit une zone aux hommes hétéros: «C'est injuste»

Une partie de la salle de bloc Bimano est fermée aux hommes cis et hétéros le lundi soir. Les réactions sont contrastées.

La nouvelle offre est injuste selon certains grimpeurs car le prix d'entrée reste le même, bien qu'ils aient moins d'espace à disposition.

La nouvelle offre est injuste selon certains grimpeurs car le prix d'entrée reste le même, bien qu'ils aient moins d'espace à disposition.

IMAGO

Une salle de grimpe souhaite améliorer l'expérience des personnes LGBTIQ+ en leur proposant une «safe zone», le lundi soir. Dans cette partie de l'espace, les hommes cis ne sont pas les bienvenus. Les organisateurs justifient leur choix ainsi: «Cette soirée a pour objectif de renforcer le bien-être et la confiance en soi des personnes qui sont souvent victimes de discrimination patriarcale.» Ainsi, entre 17 et 22 heures, la partie arrière de la salle de bloc est réservée pour la communauté LGBTIQ+. Une pancarte indique: «Nous essayons ainsi de répondre aux nombreux souhaits et feedbacks de la communauté.»

«Contre-productif»

Si la démarche n'est certainement pas motivée par de mauvaises intentions, certains hommes cis ont déjà exprimé leur mécontentement, car le prix d'entrée reste le même, bien qu'ils aient moins de parcours à disposition: «Si je n'avais pas d'abonnement annuel, j'irais dans une autre salle», réagit l'un d'eux. Un autre estime que tout cela est contre-productif: «Si quelqu'un est exclu, et paie le même prix, c'est fondamentalement injuste.»

Limiter le «mansplaining»

Côté grimpeuses, c'est l'enthousiasme. Une d'entre elles, âgée de 27 ans, pratique régulièrement l'escalade dans cette salle: «Sur le mur, on a vite l'impression d'être exposée.» Il ne lui est encore jamais arrivé d'être agressée à la salle de grimpe, mais des hommes l'approchent souvent pour lui donner des conseils non sollicités: «C'est souvent déplacé.»

«Notre nouvelle offre a déjà fait couler beaucoup d'encre», indiquent les organisateurs. Ces derniers ajoutent: «Comme en société, il arrive de temps en temps que des incidents se produisent dans notre salle de bloc, comme le mansplaining, le cat-calling et d'autres situations désagréables.» Récemment, la salle a été agrandie d'un tiers et c'est cette zone qui est réservée le lundi soir, pendant les trois mois à venir. Une évaluation aura lieu à la fin de ce délai et la direction verra sous quelle forme ce service sera proposé à l'avenir.

Le cat-calling, une forme de harcèlement

Le cat-calling désigne des remarques, sifflements ou gestes non sollicités, souvent à caractère sexuel, adressés à des personnes dans la rue. Considéré comme une forme de harcèlement de rue, il peut mettre mal à l’aise, intimider ou dévaloriser la personne visée. Cette pratique est dénoncée pour son impact négatif sur le sentiment de sécurité, notamment chez les femmes. En Suisse, comme ailleurs, des initiatives se multiplient pour sensibiliser à ce comportement et lutter contre ce type de harcèlement sexiste.

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