CriminalitéViolences en hausse: la Suisse reste «sûre» selon la police
Les chiffres sur la criminalité en Suisse doivent être interprétés avec prudence selon les cantons. Les femmes socialistes demandent d'agir.

Les violences graves augmentent, mais les polices cantonales considèrent que la Suisse reste un pays sûr.
©Boris Bouattit / Police cantonale vaudoise«De manière générale, nous pouvons considérer que le pays est sûr.» Voici la réaction mesurée de la Conférence des commandantes et des commandants des polices cantonales de Suisse (CCPCS) lundi, après l'annonce d'une nouvelle hausse globale (+8%) des délits pénaux en Suisse.
Les tendances à moyen terme donnent raison à l'analyse plutôt mesurée des cantons. Si l'on regarde entre 2009 et 2013, le nombre d'infractions pour 1000 habitants se situait autour de 70, alors qu'il est de 62,9 cette année. Cette proportion augmente certes depuis 2021, mais on ne vit pas une situation inédite en Suisse.
95% des violences graves perpétrées par des hommes
En revanche, l'évolution des violences graves a de quoi inquiéter davantage. Elles sont au plus haut niveau depuis 2009 et la progression est de près de 20% entre l'année dernière et 2023. La CCPCS pointe notamment l'évolution des violences domestiques, les cas de viols ont par exemple augmenté de plus de 30% l'an dernier. Selon l'Office fédéral de la statistique (OFS), 95% des violences graves ont été perpétrées par des hommes en 2024.

La CCPCS précise que «plusieurs éléments» peuvent «en partie expliquer cette hausse» statistique des violences graves, «notamment l’attention politique accordée à ce thème, la libération de la parole (qui conduit à une meilleure capacité de signalement) ainsi que les mesures de prévention et d’accompagnement qui se développent sur le terrain». Il n'est pas exclu non plus que davantage de violences se produisent effectivement à cause de facteurs «sociaux, économiques et culturels».
En réaction à la publication de ces chiffres, les femmes socialistes exigent «une meilleure prévention, des poursuites judiciaires systématiques et une protection renforcée des victimes» de violences sexistes et sexuelles et devaient remettre une pétition lundi au Conseil fédéral.
Moins de la moitié de Suisses
L'UDC a aussi réagi aux statistiques sur la criminalité en fustigeant l'immigration. Les chiffres montrent qu'en 2024, 42,3% des prévenus sont suisses (-2%), 31,4% sont de nationalité étrangère au bénéfice d’un permis d’établissement ou de séjour (+0,2%) et 6,7% sont des requérants d’asile et des personnes admises à titre provisoire (+0,1%). Les 19,6% restants sont des prévenus résidents non permanents en Suisse.