VaudDes chiens dressés pour détecter des œufs de tortues
Le meilleur ami de l’homme est utilisé dans le cadre d’un projet de gestion de tortues invasives en Suisse. Les premiers tests sont effectués au centre Emys, à Chavornay.
Le flair des chiens ne servirait pas seulement à trouver de la drogue, des explosifs, des personnes disparues, du gibier, mais aussi à détecter des œufs de tortues de Floride dans les milieux naturels. Les premiers tests en Suisse sont effectués au centre de protection et de récupération des tortues Emys, à Chavornay (VD), dans le cadre d’un projet du centre info fauna, à Neuchâtel, chargé notamment de la protection des amphibiens et des reptiles en collaboration avec l’association Artenspürhunde Schweiz, qui s’occupe du dressage de trois chiens. Le meilleur ami de l’homme est dressé durant plusieurs mois à trouver les œufs de cette tortue aquatique à tempes rouges, une espèce considérée comme invasive et nuisible à la biodiversité.
Saison de la ponte très courte
La race utilisée pour ce projet qui va s’étendre sur deux ans en raison de la saison de la ponte, très courte, entre mai et juillet, est un retriever d’Écosse, mais le border collie ou un autre chien de travail convient également. Leur flair permettra à la fois facilement et efficacement de participer à la réduction de la reproduction de cette espèce exotique chez nous, qui prolifère à cause du changement climatique notamment. Une fois que les œufs sont déterrés, ils seront congelés pour arrêter le développement embryonnaire. L’autre manière de capturer les tortues aquatiques est de placer des filets pièges au bord des étangs. «Le but de ce projet, c’est aussi d’étudier l’impact de ces tortues exotiques sur la seule tortue suisse, la cistude d’Europe, par exemple d’étudier leurs régimes alimentaires pour déterminer la compétition entre elles ou faire des analyses de parasites pour les identifier», détaille Charlotte Ducotterd, biologiste à info fauna et bénévole au centre Emys.
«Propriétaires mal informés»
La longévité de la tortue est souvent sous-estimée par les propriétaires lorsqu’ils achètent un tel animal. «C’est un animal qui vit longtemps, entre 50 ans pour les tortues d’eau et une centaine d’années pour celles de terre. Il faut l’assumer à vie. Et les gens sont souvent mal renseignés sur les installations à posséder. Les propriétaires doivent changer l’eau toutes les semaines et se lassent très vite de leur animal», explique Charlotte Ducotterd.
Pour les personnes qui trouvent une tortue ou désirent se séparer de leur progéniture, ils peuvent l’apporter au centre Emys, où près de 2500 reptiles sont hébergés dans des bassins et dans des enclos. Cette structure, avec sa vingtaine de bénévoles, est la plus importante de Suisse pour les tortues.
La tortue de Floride
Comme son nom l’indique, elle trouve son origine aux États-Unis et elle est reconnaissable à ses tempes rouges. La tortue de Floride, répondant au joli nom de Trachemys, peut, adulte, atteindre jusqu’à 35 cm de long et vivre 40 à 50 ans. Introduite chez nous dans les années 1990, cette espèce exotique et aquatique a d’abord séduit de nombreuses personnes, avant d’être lâchée illégalement dans la nature, faute de place et d’intérêt. Ce reptile qui vit en eau douce n’est pas sans danger pour la nature. Il se nourrit des batraciens indigènes et des insectes. La Suisse interdit depuis 2008 son importation et réglemente sa détention, car elle est considérée comme une espèce envahissante.