Des dépôts pêle-mêle à l’entrée d’un magasin

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Seconde mainDes dépôts pêle-mêle à l’entrée d’un magasin

Alors que les succursales de seconde main sont fermées à la suite de la pandémie, toujours plus d’objets sont laissés à l’abandon. Les employés sont ainsi contraints de s’improviser agents de la propreté urbaine afin de garder les lieux en ordre.

Fin janvier, l’entrée de brocki.ch au quartier de la Borde à Lausanne avait des airs de déchèterie. Les objets ont été débarrassés depuis.

Fin janvier, l’entrée de brocki.ch au quartier de la Borde à Lausanne avait des airs de déchèterie. Les objets ont été débarrassés depuis.

Valentina San Martin

Qui n’a pas eu envie de faire du tri à la maison durant cette pandémie? Et si certains objets ont fini par être jetés, d’autres ont souvent trouvé preneur dans des magasins de seconde main. Une option plutôt pragmatique puisqu’elle arrange autant celui qui veut se débarrasser de ses biens superflus que celui qui cherche un objet à moindre prix. Oui, sauf que, depuis mi-janvier, les lieux comme brocki.ch, les magasins de seconde main de l’Armée du Salut ou encore Emmaüs sont fermés. Résultat: les objets à donner s’entassent à l’entrée malgré une inscription stipulant que rien ne doit être abandonné devant ces lieux.

Un panneau stipulant qu’il est interdit de déposer des objets trône devant la porte d’entrée de brocki.ch à Lausanne.

Un panneau stipulant qu’il est interdit de déposer des objets trône devant la porte d’entrée de brocki.ch à Lausanne.

Valentina San Martin

Hausse des dépôts sauvages durant la pandémie

«Cette manie de laisser des choses à l’entrée alors que nous sommes fermés n’est pas nouvelle», explique Florence Regad Buholzer, membre de brocki.ch. Mais, selon elle, la situation s’est aggravée avec le Covid-19: «Lorsqu’on arrivait le lundi, on retrouvait pas mal de choses laissées durant le week-end. Mais durant le semi-confinement, beaucoup plus d’objets se sont retrouvés devant nos succursales.»

En plus de Lausanne, d’autres centres urbains connaissent le problème. «En campagne, le phénomène est plus rare, voire inexistant», signale Florence Regad Buholzer.

Du travail en plus pour les collaborateurs

Qui doit se charger de nettoyer les entrées de ces boutiques? D’après Stéphane Beaudinot, chef du Service de la propreté urbaine de la Ville de Lausanne, comme la situation concerne les activités d’une entreprise privée, ce n’est pas à la Municipalité de s’occuper de ces dépôts. Brocki.ch s’est donc tourné vers la police afin de venir à bout de ce problème. Tout fautif pris en flagrant délit risque une amende de 500 francs.

Mais, pour le moment, chaque semaine, des membres de l’équipe brocki.ch doivent se relayer afin de débarrasser les entrées. «Un travail conséquent et pas des plus gratifiants», précise Florence Regad Buholzer. Parmi les choses laissées à l’abandon, seule une petite partie est récupérable. En effet, beaucoup d’objets sont abîmés à cause de la météo sans oublier que certains sacs sont parfois ouverts par les passants qui font leur marché sur place.

La pandémie a incité beaucoup de citoyens à faire le grand ménage et à se débarrasser d’une vieille armoire, de jeux de société ou de vêtements. Florence Regad Buholzer estime que si les donations sont très appréciées, elles le sont davantage lorsqu’elles sont faites avec égard pour celles et ceux qui les réceptionnent.

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