EuroGames à Berne: polémique à cause des drapeaux LGBT

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BerneDrapeaux LGBT: «En dehors des réseaux sociaux, les retours sont positifs»

La capitale accueille ce week-end les EuroGames, compétition sportive et événement LGBT. Mais son soutien passe mal auprès de certains groupes politiques.

L’événement se tient depuis mercredi et se termine samedi par une marche des fiertés.
Plus de 2000 athlètes vont s’affronter dans vingt disciplines sportives.
La Ville de Berne soutient officiellement l’événement et s’est parée des couleurs de l’arc-en-ciel.
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L’événement se tient depuis mercredi et se termine samedi par une marche des fiertés.

Ville de Berne

Rangés, les drapeaux suisses et ceux de l’ours bernois. Depuis lundi, ce sont des drapeaux arc-en-ciel qui ornent les rues historiques du centre-ville de Berne. Les autorités ont fait ce geste à l’occasion de l’accueil, ce week-end, des EuroGames 2023, un événement sportif LGBT (lire encadré). Sur les réseaux sociaux, les réactions ont été nombreuses, et parfois outrées, voire outrancières.

À peine quelques heures après la publication des photos, le compte du réseau X (ex-Twitter) de la Ville a fermé son espace commentaires en raison de «transgressions flagrantes, de désinformation et d’abus», justifie le Service d’information de la Ville de Berne. Ce qui ne l’a pas vraiment surpris. «Il y avait déjà eu des réactions similaires, par exemple en mai 2023, lors d’une campagne contre le sexisme et l’hostilité envers les personnes queer.»

Jeunes pas à l’unisson

Les Jeunes UDC suisses sont entrés dans la brèche. «Un futur décadent, une époque où les institutions psychiatriques sont surpeuplées et où la liberté d’expression est un vestige de temps meilleurs», a commenté le parti sur le réseau social, en appelant à voter pour lui aux élections fédérales pour «reconquérir la Suisse».

En réaction, les Jeunes Vert’libéraux ont dit songer à porter plainte contre les Jeunes UDC et à éclaircir si le commentaire viole la norme pénale qui punit les discours discriminatoires et incitant à la haine. «Rendre les personnes homosexuelles ou bisexuelles responsables de l’état de détresse psychologique et des maladies psychiques dépasse au moins une limite morale», dit leur président, Tobias Vögeli.

Pour la Ville de Berne, les réactions sont surtout cantonnées aux réseaux sociaux. «Nous n’avons aucune indication concrète que des actions perturbatrices pourraient se produire. En dehors des réseaux sociaux, les retours sont majoritairement positifs», affirme le Service d’information.

Contre le tabou dans le sport

Les EuroGames existent depuis 1992 avec une première édition à La Haye, aux Pays-Bas. La Suisse les a déjà accueillis à Zurich en 2000. Le nombre de participants varie chaque année. À Berne cette année, plus de 2000 athlètes sont inscrits dans les 20 différentes disciplines. Les compétitions sont ouvertes à toutes et tous, indépendamment de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre. L’événement sera ponctué par une Pride agendée samedi 29 juillet. «Les EuroGames et la Pride sont une occasion idéale pour la ville de rendre visible la communauté LGBTIQ d’une part et de se positionner comme une ville sportive cosmopolite d’autre part», écrit la Ville de Berne. «Dans le sport en particulier, des thèmes comme l’homosexualité sont encore tabous; il est d’autant plus important d’organiser de telles manifestations qui normalisent la situation», dit, lui, le président des Jeunes Vert’libéraux, Tobias Vögeli.

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