Primaires républicaines«Même si vous venez voter et que vous mourez, ça vaut la peine»
Le grand bal des «caucus» s'ouvre lundi dans l'Iowa, où une météo épouvantable n'inquiète pas Donald Trump, archi-favori.

Donald Trump a fait son show dimanche, lors d'un meeting à Indianola (Iowa).
Getty Images via AFPDonald Trump assommera-t-il tous ses rivaux dès le premier round? Nikki Haley ou Ron DeSantis créeront-ils la surprise? L’Iowa lance lundi les primaires républicaines. Pour la première fois depuis qu’il a quitté le pouvoir, l’ancien président, quatre fois inculpé au pénal, fait face au jugement des électeurs. Le milliardaire de 77 ans est bien parti pour remporter ce rendez-vous électoral crucial: il dispose d’après les sondages d’une des plus grandes avances jamais vues sur ses rivaux: près de 50% des intentions de vote.
«Nous allons l’emporter haut la main», a affirmé Donald Trump à ses militants, promettant de chasser Joe Biden du pouvoir lors de la présidentielle de novembre. L’ancien dirigeant peut s’appuyer sur une armée de bénévoles qui ratissent depuis des mois les moindres recoins de l’Iowa, pour mobiliser les électeurs.
«Même un blizzard ne les empêchera pas d’aller voter»
Une inconnue de dernière minute perturbe toutefois l’équation du favori républicain: le froid. L’Etat tout entier a en effet été frappé par une tempête de neige et le thermomètre devrait frôler les -30°C au moment du vote, avec des routes verglacées. «La principale question que l’on me pose c’est de savoir si le scrutin est annulé», prévient Maci Arjes, responsable d’un groupe de jeunes républicains dans son université, à Iowa City.
Il faut savoir que dans un caucus comme celui de l’Iowa, les électeurs n'ont pas toute la journée pour voter, comme c'est le cas lors d'une primaire classique. Les citoyens doivent en effet se rendre dans les bureaux de vote, à partir de 19 heures, heure à laquelle le froid se fait particulièrement sentir. Les électeurs de Donald Trump, persuadés de la victoire de leur candidat, se motiveront-ils pour aller voter dans ces conditions? D’après une spécialiste du Parti républicain, la réponse est oui. «Ses partisans sont vraiment les plus motivés, même un blizzard ne les empêchera pas d’aller voter», a expliqué Sarah Longwell sur CNN.
Trump, lui, a motivé ses troupes à sa manière: «Vous devez aller voter demain. Vous ne pouvez pas rester chez vous. Si vous êtes malade comme un chien... Même si vous venez voter et que vous mourez, ça en vaut la peine», a-t-il lancé, dimanche, lors d'un meeting. Trump a prévu de se rendre à plusieurs de ces réunions électorales, baptisées «caucus», au cours de la soirée. Cinq candidats sont en lice pour lui barrer la route vers la Maison-Blanche, mais seuls deux semblent encore avoir une chance: Nikki Haley et Ron DeSantis.
L’ancienne ambassadrice à l’ONU, seule femme dans la course, bénéficie d’une ascension récente dans les sondages. La quinquagénaire est la nouvelle coqueluche de la droite, très appréciée notamment par les milieux d’affaires. Quant au gouverneur de Floride, un conservateur aux positions choc sur l’immigration ou l’avortement, ce quadragénaire a tout misé sur l’Iowa, en sillonnant ces derniers mois chacun des 99 comtés. Les observateurs n’écartent donc pas que l’un ou l’autre crée la surprise et grignote une partie de l’avance énorme de Donald Trump. Or, si l’ancien président n’obtient pas le triomphe annoncé dans l’Iowa, son image d’invincibilité risque d’être entamée pour le reste de la course.