États-Unis: Trump demande à la Cour suprême d’agir contre des juges

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États-UnisTrump demande à la Cour suprême d’agir contre des juges

Le président américain a demandé jeudi à la Cour suprême de «régler» le problème des juges qui s’opposent à lui.

Le président américain Donald Trump pointe du doigt le juge en chef de la Cour suprême John Roberts après avoir prêté serment au Capitole à Washington, DC, le 20 janvier 2025.

Le président américain Donald Trump pointe du doigt le juge en chef de la Cour suprême John Roberts après avoir prêté serment au Capitole à Washington, DC, le 20 janvier 2025.

AFP

Nouvelle charge de Donald Trump contre l’institution judiciaire: le président américain a demandé jeudi à la Cour suprême, la plus haute instance judiciaire du pays, de «régler» le «problème» constitué selon lui par les juges fédéraux qui ont bloqué ses décisions depuis son retour à la Maison-Blanche.

«Si le président (ndlr, de la Cour) Roberts et la Cour suprême des États-Unis ne règlent pas immédiatement ce problème nocif et inédit, notre pays sera en très grave danger!», a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Aux États-Unis, les litiges électoraux se règlent en dernier ressort devant la Cour suprême.

«Les avantages, mais sans prendre de risques»

«Ces juges veulent endosser les pouvoirs de la présidence, sans avoir à atteindre les 80 millions de votes. Ils veulent avoir tous les avantages, mais sans prendre de risques», a également tonné le milliardaire républicain, accusé par ses opposants et de nombreux experts de mettre à mal la séparation des pouvoirs aux États-Unis.

Ce message de Donald Trump intervient deux jours après un rare rappel à l’ordre du président de la Cour suprême, John Roberts.

«Depuis plus de deux siècles, il est établi que la destitution n’est pas une réponse appropriée à un désaccord à propos d’une décision de justice», a-t-il indiqué dans un communiqué, sans citer directement Donald Trump. «La procédure ordinaire d’appel existe à cette fin», a-t-il souligné.

Une loi d’exception du 18e siècle

Cette communication faisait suite à un appel du président républicain à «destituer» James Boasberg, un juge fédéral de Washington.

Saisi en urgence, ce magistrat avait ordonné samedi la suspension pendant 14 jours de toute expulsion de migrants sur le fondement d’une loi d’exception du 18e siècle.

Il avait exigé en particulier – et en vain – d’interrompre l’expulsion vers le Salvador de quelque 200 membres présumés d’un gang vénézuélien, Tren de Aragua, qualifiés de «terroristes» par la Maison-Blanche.

«Il fait l’intéressant et cherche à se faire connaître»

Plusieurs de ces personnes expulsées disent ne pas avoir commis de crimes ou avoir été ciblées en fonction de leurs tatouages. Par ailleurs, James Boasberg a donné jusqu’à mardi au Ministère américain de la justice pour prouver qu’il n’avait pas enfreint sa décision.

L’Exécutif affirme avoir obtempéré à partir du moment où le juge a rendu sa décision écrite et assure que les avions transportant les membres de gang présumés avaient décollé avant cela.

«C’est un juge local, inconnu, il fait l’intéressant et cherche à se faire connaître. Il ne peut pas y avoir d’autres raisons parce que ses «jugements» sont tellement ridicules et ineptes», a encore accusé Donald Trump jeudi à propos de James Boasberg.

De nombreuses décisions attaquées en justice

De nombreuses décisions prises par le président depuis son retour à la Maison-Blanche le 20 janvier – concernant notamment le droit du sol ou la présence de personnes transgenres dans l’armée – ont été attaquées en justice et souvent suspendues par des magistrats estimant que le dirigeant outrepassait ses prérogatives.

Six des neuf magistrats qui composent la Cour suprême sont des conservateurs. Trois d’entre eux ont été nommés par Donald Trump lui-même lors de son premier mandat (2017-2021).

Tout comme les magistrats de la Cour suprême, les juges fédéraux sont nommés à vie par le président des États-Unis.

(afp)

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