Vaud – Etudiant débouté en raison de son inactivité en ligne

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VaudÉtudiant débouté en raison de son inactivité en ligne

Un trentenaire estime que le journal des connexions à la plateforme des supports de cours de son école a été utilisé contre lui abusivement.

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Employées tant au gymnase que dans les universités et les hautes écoles, les plateformes en ligne telles que Moodle ou Teams facilitent la mise à disposition de documents relatifs aux cours et leur accès par les étudiants. Mais, dans un récent communiqué, le syndicat SUD Étudiant-e-s et Précaires dénonce «un problème dans l’utilisation des données personnelles, et notamment le répertoriage par les institutions du nombre de visites sur la plateforme, des heures de connexion et des documents téléchargés ou non par tel ou tel étudiant».

Un accès «à peine cadré» qui, d’après le syndicat, pose des problèmes politiques, pédagogiques et d’égalité. Ce dernier voit en ces plateformes «des outils de surveillance et de sanction arbitraire».

«Le nombre de fois qu’un étudiant télécharge un document en lien avec le cours ne dit rien de son assiduité. C’est pourquoi nous demandons que l’accès à ces données soit supprimé», déclare Vigen Kühni, membre du SUD. Le comité a interpellé la conseillère d’État vaudoise Cesla Amarelle, via un courrier, en fin de semaine dernière.

Données utilisées contre les étudiants

Selon les conditions générales de Moodle, accessibles notamment sur le site internet de l’Université de Lausanne (UNIL), «les responsables d’enseignement veillent à ce que les données concernant d’éventuelles consultations de ressources, de consignes ou encore d’accès à une activité d’apprentissage facultative par des étudiants ne soient pas utilisées comme critère d’évaluation d’un examen ou d’une validation».

Mais Pierre*, ex-étudiant à la Haute école pédagogique (HEP) Vaud, a la preuve que ses données personnelles ont été utilisées contre lui dans le cadre de son recours portant sur un module de cours incomplet. «La Commission de recours de la HEP, qui a rendu sa réponse le 29 septembre dernier, s’est servie du journal des connexions Moodle pour statuer et prétendre que je n’avais pas adopté le bon comportement. J’ai trouvé cela écœurant», dénonce ce trentenaire, qui revendique la liberté académique.

Le rapport note en effet que «le recourant ne s’est à aucun moment connecté à Moodle pour le semestre d’automne 2020». Reconnaissant qu’il est impossible de se passer de cette plateforme, Pierre, qui a dû faire face à un échec définitif alors qu’il arrivait au bout de son cursus s’est tourné vers le syndicat, «pour que mon expérience puisse être utile à d’autres», dit-il.

Donnée jugée «importante»

Les prénom, nom, adresse de courriel, numéro d’immatriculation et programme de formation auquel l’étudiant est inscrit, auxquels ont accès les enseignants, sont des données jugées «indispensables» par la HEP. Quant à savoir si un étudiant se connecte ou non à Moodle dans le cadre d’un cours, l’institution «n’envisage pas non plus de bloquer cette donnée, importante au plan pédagogique, tout comme le fait que, dans un cadre plus traditionnel, un étudiant remette les travaux attendus ou non».

L’institution assure que, «dans le cadre des certifications, seul l’usage du délai de remise d’un travail individuel est autorisé, pour des questions d’équité. Les critères ne dépendent nullement d’informations issues des plateformes, telles que le taux de connexion.»

Du côté de l’UNIL

Selon son site internet, l’UNIL «ne trace pas les utilisateurs et se refuse à utiliser les possibilités de traçage fin qu’offrent les outils déployés. Les seules données collectées (ndlr: statistiques de visionnement de vidéos ou participants à des canaux de messagerie instantanée) le sont de manière agrégée et dépersonnalisée, et exclusivement à des fins statistiques».

L’Université lausannoise assure ne pas conserver de journal du visionnement par les utilisateurs des contenus et que «les fonctions telles que la mesure de l’attention des participants par l’organisateur d’une visioconférence sont désactivées par défaut».

La DGES va se pencher sur le cas

*Prénom d’emprunt

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