Le National veut encadrer le financement des mosquées

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ExtrémismeLe National veut encadrer le financement des mosquées

Les élus demandent de surveiller comment sont financées depuis l'étranger les maisons de prière. But: garantir qu’aucune pensée extrémiste n'y soit diffusée.

La mosquée de Wil (SG).

La mosquée de Wil (SG).

20min/Dafina Eshrefi

Il faut que le Conseil fédéral encadre le financement étranger des maisons de prière et des établissements d’enseignement. C'est la demande d'un postulat adopté jeudi par le National à la quasi-unanimité, une seule voix (un Vert soleurois) s'y étant opposée.

«Le financement étranger des maisons de prière est très problématique», a relevé Jacqueline de Quattro (PLR/VD). «Les conditions d’admission des personnes assurant un encadrement ou un enseignement ne suffisent pas à empêcher la diffusion dans les maisons de prière d’idées extrémistes, faisant l’apologie de la violence ou contraires aux droits fondamentaux».

Islam visé

Si aucune religion n'est citée, c'est bien l'islam qui est visé. La Vaudoise a rappelé que 34 imams envoyés en Suisse par la présidence turque des affaires religieuses (Diyanet) sont employés et rémunérés par l’ambassade de Turquie en tant qu’agents de l’État. «Or Diyanet est le bras armé de la politique extérieure agressive menée par le président turc Erdogan», a-t-elle relevé. «Elle prescrit aux imams du monde entier de justifier les guerres d’agression turques contre l’Irak et la Syrie». La situation n’est guère mieux en ce qui concerne le salafisme ultraconservateur financé par l’Arabie saoudite, a-t-elle ajouté.

Il faut donc encadrer le financement étranger des mosquées notamment. «C’est le seul moyen pour la Suisse d’empêcher la diffusion de propagande incitant à la haine et à la désinformation», a-t-elle estimé.

Le Conseil fédéral estimait que cette approche n'était pas la bonne. Mieux vaut renforcer les exigences de transparence, selon le ministre de la Justice, Beat Jans. Il a rappelé la révision de la loi sur le renseignement en cours qui prévoit que le Service de renseignement de la Confédération (SRC) puisse demander aux intermédiaires financiers des infos sur le financement de personnes ou d’institutions religieuses, en cas de soupçons de financement d’activités terroristes ou d’extrémisme violent.

Il n'a pas été entendu. Le Conseil des États devra se prononcer.

Pas une première à Berne

Ce n'est pas la première fois que le financement étranger des mosquées est débattu à Berne. En 2016 déjà, Lorenzo Quadri (Lega/TI) avait demandé dans une motion que les lieux de culte musulmans soient privés de fonds étrangers et que les imams soient obligés de prêcher dans une langue nationale. Le National avait dit oui en 2017 mais le Conseil des États avait balayé le texte un an plus tard. La motion avait été jugée problématique du point de vue constitutionnel. En effet, elle concernait une religion particulière, à l'exclusion des autres.

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