Emplois fictifs: Marine Le Pen risque prison et inéligibilité

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FranceMarine Le Pen risque la prison et l'inéligibilité

L'accusation a livré un réquisitoire ferme, mercredi, dans le procès des emplois fictifs au Parlement européen visant le parti d'extrême droite.

La cheffe de file du parti d'extrême droite français n'a pas manqué de dénoncer un réquisitoire visant à l'empêcher de se présenter à la prochaine élection présidentielle en 2027.

La cheffe de file du parti d'extrême droite français n'a pas manqué de dénoncer un réquisitoire visant à l'empêcher de se présenter à la prochaine élection présidentielle en 2027.

AFP

Elle était au «centre» d’un «système organisé» visant à faire du Parlement européen la «vache à lait» du Rassemblement national (RN, parti d'extrême droite français): mercredi à Paris, l’accusation a requis une peine de 5 ans de prison, dont 2 ans ferme aménageables, 300'000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité contre Marine Le Pen.

Ce procès de l’affaire des emplois fictifs des assistants parlementaires du RN, qui s'est ouvert fin septembre, pourrait donc menacer les ambitions présidentielles de sa cheffe de file aux prochaines élections, en 2027.

«Le droit s'applique à tous»

«Nous sommes ici dans une enceinte judiciaire et le droit s’applique à tous», a insisté le procureur Nicolas Barret, demandant que cette peine s’applique dès la condamnation, y compris si Marine Le Pen choisissait de faire appel, estimant de pas être comptable de ses «ambitions» politiques.

Une telle peine «viendrait interdire aux prévenus de se présenter à des futures élections locales ou nationales», a précisé le procureur devant Marine Le Pen, assise au premier rang des 24 autres prévenus – cadres du parti, ex-eurodéputés et anciens assistants parlementaires.

Volonté de «ruiner le parti»

«Je pense que la volonté du Parquet est de priver les Français de la capacité de voter pour ceux qu’ils souhaitent» et de «ruiner le parti», a réagi devant les journalistes Marine Le Pen à sa sortie d’audience, alors que pèse aussi sur elle la menace qu'elle doive s'acquitter d'une amende de 300'000 euros.

L’accusation a dépeint, mercredi dans son réquisitoire, un «système organisé» de détournement de fonds publics au préjudice du Parlement européen, avec des «contrats artificiels» d’assistants parlementaires afin de «faire économiser» de l’argent au parti.

Six semaines d'audience

«Nous ne sommes pas ici aujourd’hui en raison d’un acharnement» ni à cause d’une dénonciation «du Parlement européen», mais au terme «d’une longue information judiciaire», avait déclaré d’emblée en début de réquisitoire l’une des deux représentantes de l’accusation, Louise Neyton.

«Vous prendrez votre décision au vu des pièces du dossier», et après «six semaines d’audience» et des «débats particulièrement fournis», avait poursuivi la magistrate dans une salle d’audience pleine.

Parti en difficulté financière

Tour à tour, au fil de leurs réquisitions, les deux procureurs ont détaillé mercredi l’architecture d’un «système» qui a, selon eux, été mis en place au Front national (devenu par la suite Rassemblement national) entre 2004 et 2016, consistant à embaucher des assistants parlementaires européens «fictifs» qui travaillaient en réalité pour le parti.

À l’époque, «le parti est dans une situation financière particulièrement tendue. Tout ce qui peut contribuer à l’allégement des charges va être utilisé de manière systématique», que ce soit «légal ou pas», a affirmé Louise Neyton, alors que Marine Le Pen fait des non vigoureux de la tête.

Le Parlement européen a évalué son préjudice financier à 4,5 millions d’euros, mais n’en réclame que 3,4 (une partie ayant été remboursée).

(afp)

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