Le procès de Gérard Depardieu s’ouvre lundi à Paris

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Procès Depardieu«Vous voulez faire tomber un monstre sacré», accuse son avocat

Gérard Depardieu est arrivé lundi au tribunal de Paris, où il est jugé pour agressions sexuelles sur deux femmes lors d’un tournage en 2021. La tension était palpable.

L'acteur français Gérard Depardieu, ici en compagnie de son avocat Jérémie Assous, au tribunal correctionnel de Paris, le 24 mars 2025.

L'acteur français Gérard Depardieu, ici en compagnie de son avocat Jérémie Assous, au tribunal correctionnel de Paris, le 24 mars 2025.

AFP

Le procès de Gérard Depardieu pour agressions sexuelles sur le tournage du film «Les Volets verts» en 2021 s’est ouvert, sous tension, lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Paris, en présence de l’acteur mondialement connu et des deux plaignantes. L’audience s’est ouverte vers 13h45 dans une salle comble. Le procès, qui devait initialement se tenir à l’automne, avait été renvoyé pour raisons médicales.

Doigt pointé vers les plaignantes, accusation de complot, multiples demandes procédurales: au procès de Gérard Depardieu pour agressions sexuelles sur deux femmes lors d’un tournage, la première journée d’audience a été marquée par les nombreuses attaques de la défense de l’acteur envers les parties civiles.

«Méthodes staliniennes»

Prenant la parole en premier, l’avocat de Gérard Depardieu a longuement plaidé la nullité de la procédure, dénonçant une «enquête de police bâclée» ou encore «des méthodes staliniennes» de la part du parquet. Élevant la voix à de nombreuses reprises, Me Jérémie Assous a pointé du doigt les plaignantes, mais aussi les journalistes, dénonçant pour finir un complot auquel la police aurait également pris part, selon lui, afin de «faire tomber un monstre sacré».

«Tout ce que la défense cherche, c’est à gagner du temps pour qu’on ne puisse pas aborder le fonds du dossier», a rétorqué, en colère, Me Carine Durrieu-Diebolt, conseil d’Amélie. Même mécontentement du côté des parties civiles lorsque Me Assous a déposé des demandes d’actes sans en avoir informé leurs avocates. Et Anouk Grinberg de protester dans le public, révoltée par la méthode de la défense, avant d’être expulsée de la salle. L’actrice, présente sur le tournage du film «Les volets Verts», avait dénoncé auprès de l’AFP le comportement de Gérard Depardieu.

Sous le regard du prévenu qui s’est régulièrement retourné vers elles, Amélie et Sarah ont également à plusieurs reprises montré leur impatience.

Soutien populaire aux plaignantes

Gérard Depardieu, vêtu d’une chemise et d’une veste noires, s’est assis sur un tabouret face au tribunal. À la demande du président, il s’est avancé tout doucement et en grimaçant à la barre pour décliner son identité.

De l’autre côté de la travée centrale, les deux plaignantes, Amélie, 54 ans, cheveux blonds et pull beige, et Sarah (prénom modifié), 34 ans, cheveux longs bruns et veste bleu marine, sont assises au premier rang. Elles avaient reçu le soutien en milieu de journée de plusieurs dizaines de personnes, qui ont scandé devant le tribunal judiciaire «Violences sexistes, justice complice», «les victimes on vous croit, les violeurs on vous voit», «Vous en touchez une? On répond toutes!»

Les plaignantes, décoratrice et assistante réalisatrice sur le film «Les Volets verts» de Jean Becker, accusent Gérard Depardieu d’agression sexuelle, harcèlement sexuel et outrages sexistes lors du tournage. Dans sa plainte déposée en février 2024, Amélie dénonçait des faits remontant à septembre 2021, qui se seraient déroulés pendant le tournage dans un hôtel particulier du XVIe arrondissement de Paris.

Propos obscènes et agression sexuelle

Dans son récit au site d’investigation Mediapart, la décoratrice expliquait que Gérard Depardieu aurait soudainement hurlé, lors d’une conversation, qu’il voulait un «ventilateur», car il ne pouvait «même plus bander» avec cette chaleur, puis il aurait assuré pouvoir «faire jouir les femmes sans les toucher».

Une heure plus tard, il l’aurait «attrapée avec brutalité» et l’aurait «bloquée en refermant ses jambes sur (elle) comme un crabe», puis lui aurait «pétri la taille, le ventre, en remontant jusqu’à (ses) seins», assure-t-elle. Il lui aurait également tenu des «propos obscènes» tels que «Viens toucher mon gros parasol, je vais te le fourrer dans la chatte». Assistante réalisatrice sur ce même film, Sarah accuse Gérard Depardieu de lui avoir touché à deux reprises «la poitrine et les fesses» en août 2021, d’après Mediapart.

La comédienne française Charlotte Arnould a été la première à porter plainte en 2018. En août dernier, le parquet de Paris a requis un procès pour viols et agressions sexuelles à l’encontre de l’acteur. Un juge d’instruction doit encore décider de l’issue du dossier.

(afp)

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