France«Rendez-nous la statue de la Liberté», réclame un député européen
Pour dénoncer l'attitude de Washington, Raphaël Glucksmann estime que les Américains ne méritent plus d'avoir l'œuvre réalisée par Auguste Bartholdi.

Raphaël Glucksmann a appelé à lutter contre «l’internationale d’extrême droite».
IMAGO/ABACAPRESS«Rendez-nous la statue de la Liberté», a déclaré dimanche un député européen français, Raphaël Glucksmann, en s’adressant aux «Américains qui ont choisi de basculer du côté des tyrans», lors de son discours de clôture du congrès de son parti Place publique.
«Nous allons dire aux Américains qui ont choisi de basculer du côté des tyrans, aux Américains qui virent les chercheurs pour avoir fait preuve de liberté scientifique, "rendez-nous la statue de la Liberté. On vous en a fait cadeau, mais apparemment, vous la méprisez. Alors, elle sera très bien ici chez nous"», a affirmé l’élu européen sous les acclamations de quelque 1500 militants.
Un cadeau du XIXe siècle
Symbole des Etats-Unis, la monumentale statue de la Liberté, réalisée par le Français Auguste Bartholdi, a été offerte par le peuple français aux Américains, en signe d’amitié, et dévoilée le 28 octobre 1886 pour le centenaire de la Déclaration d’indépendance américaine. Elle est située à New York, sur Liberty Island, au sud de Manhattan.
Raphaël Glucksmann, fervent défenseur de l’Ukraine, a déploré le désengagement de Donald Trump dans le conflit qui oppose l’Ukraine à la Russie.
«La deuxième chose qu’on va dire aux Américains c’est que si vous voulez virer vos meilleurs chercheurs, si vous voulez virer tous les gens qui, par leur liberté et leur sens de l’innovation, leur goût du doute et de la recherche, ont fait de votre pays la première puissance mondiale, eh bien, nous, nous allons les accueillir», a poursuivi Raphaël Glucksmann.
Appel à la résistance démocrate
L’eurodéputé a par ailleurs lancé un appel «à la résistance démocrate» pour contrer «le fan club de Trump et de Musk dans notre pays», c’est-à-dire l’extrême droite à ses yeux.
Dans un flyer, il appelle à construire «une force qui pèse, qui agit, et qui préserve notre devise "Liberté, égalité, fraternité!"», face à «l’internationale d’extrême droite» que constituent les présidents américain et russe Donald Trump et Vladimir Poutine ainsi que Marine Le Pen, la cheffe de file du Rassemblement national en France (RN, extrême droite).
Barrer la route à l'extrême droite
Lors de ce rassemblement, le politicien français a mis son parti en ordre de marche pour les futures élections. «Nous sommes là pour lancer ce qui sera sans aucun doute la bataille la plus importante, la plus difficile de nos vies respectives, la grande bataille pour la démocratie française et européenne.» «Nous serons là pour leur (ndlr: l'extrême droite) barrer la route en France, en 2025, en 2026, en 2027», et «prêts à y laisser notre peau», a-t-il affirmé.
Arrivé en tête de la gauche (13,8%) aux européennes, avec la liste Place publique-Parti socialiste, Glucksmann a été reconduit sans surprise à la tête du parti qu’il a créé en 2018, comme coprésident, avec l’eurodéputée Aurore Lalucq. Le parti est passé de 1500 à quelque 11'000 adhérents à la faveur des élections européennes.
«Aucun accord avec Mélenchon»
Glucksmann a longtemps assuré n’avoir aucune ambition pour la présidentielle, mais après les européennes puis la dissolution de l’Assemblée nationale, l’idée a fait son chemin chez celui qui incarne une ligne d’opposition à La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.
«Nous ne ferons aucun accord national avec Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise» et «nous n’aurons aucun programme commun avec des gens qui sont aux antipodes de nous sur le moment historique que nous traversons», a-t-il de nouveau affirmé, sous les hourras des militants.