Genève: son vélo-cargo est devenu la planque favorite des dealers

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GenèveSon vélo-cargo est devenu la planque favorite des dealers

Depuis six mois, une maman trouve de la drogue cachée dans son véhicule, à la rue du Stand. Fin août, sa fille est tombée sur «des bonbons roses» qu'elle a voulu goûter. La mère s'inquiète et appelle la police à réagir.

Sa fille de six ans a découvert un sachet de pilules roses dans le véhicule. Il s'agissait d'ecstasy.
La mère de famille, qui habite le quartier de la Coulevrenière, gare son vélo-cargo à la rue du Stand.
La semaine dernière, elle a trouvé un sachet contenant diverses drogues.
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Sa fille de six ans a découvert un sachet de pilules roses dans le véhicule. Il s'agissait d'ecstasy.

lecteur-reporter/20minutes

Cocaïne, ecstasy, marijuana. Depuis six mois, une mère de famille voit défiler toutes sortes de drogues sous le siège de son vélo-cargo. Et pour cause, celui-ci est devenu la planque favorite des dealers à la rue du Stand. Au début, cette habitante du quartier de la Coulouvrenière trouvait régulièrement de l'herbe. Mais fin août, la situation a bien failli déraper. «Ma fille de six ans a découvert un sachet de pilules roses et m'a demandé si elle pouvait  goûter les bonbons.»

«Je suis très frustrée de l'impuissance de la police»

Propriétaire du vélo-cargo

Pour cette maman de trois enfants, c'en est trop. Le jour même, elle se rend à la police municipale «Selon eux, c'était de l'ecstasy. Ils m'ont dit ne rien pouvoir faire et m'ont juste conseillé de vérifier mon vélo tous les matins.» Une réponse qui ne satisfait pas la Genevoise. «C'est quand même très grave. Ma fille aurait pu mourir. Les enfants mettent tout ce qu'ils trouvent dans la bouche. Mon fils de 2 ans, lui, ne m'aurait pas demandé la permission. Je suis très frustrée de l'impuissance de la police.»

Elle va parler aux dealers...

Mercredi dernier, l'histoire se répète. Mais cette fois, c'est «un énorme sac contenant diverses substances» que la propriétaire trouve dans son véhicule. De peur des représailles si elle livre la drogue aux forces de l'ordre, la maman décide d'aller à la rencontre des trafiquants. «Je leur ai dit: "Stop! J'ai des enfants. C'est dangereux!"»

... elle a droit à des excuses

«Ça me met mal à l'aise de devoir gérer ça, souffle la mère . Ce n'est pas à moi de dire aux dealers d'arrêter ni à ma fille de trouver ces sachets. C'est à la police d'agir.» Peu après cet épisode, elle croise une patrouille dans le quartier et lui confie son problème. «Ils m'ont dit très bien connaître mon vélo et le fouiller régulièrement, sans pouvoir faire plus. Je les ai trouvés très légers, comme si c'était illégal, mais admis dans le quartier.»

Du côté des trafiquants, son message semble être passé. «Le lendemain, l'un d'entre eux m'attendait près de mon vélo. Il s'est excusé et m'a dit lui aussi avoir des enfants.» Ce mea culpa sonne-t-il la fin de son calvaire? Affaire à suivre.

Une lutte laborieuse

«La rue du Stand et les rues avoisinantes sont en effet le théâtre de deal de rue depuis de nombreuses années», confirme Aline Dard, porte-parole de la police cantonale. Toutefois, les forces de l'ordre peinent à endiguer le phénomène, malgré des actions régulièrement menées, telles que patrouilles, contrôles de personnes, interpellations. «Les trafiquants n'ont en général pas de drogue sur eux», car ils la dissimulent «dans le passage de roue de voitures stationnées, dans des buissons ou comme dans ce cas de figure, dans un vélo-cargo. Or, nous devons bien souvent constater un flagrant délit pour procéder à des arrestations». Autre difficulté: «lorsqu'il s'agit de transactions portant sur de «petites» quantités de stupéfiants, la privation de liberté des auteurs reste limitée.»

La communicante recommande à la maman de faire appel au 117 lors de la découverte de stupéfiants et de ne pas y toucher. La police pourra alors saisir la drogue et procéder au contrôle des identités des individus suspects à proximité.

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