Grippe aviaire: laisser le virus circuler, une «idée désastreuse»

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Grippe aviaireL'idée inquiétante de Robert F. Kennedy Jr.

Le ministre américain de la Santé veut laisser circuler le virus H5N1 et voir quelles poules résistent. Les experts scientifiques craignent qu'ainsi il ne mute.

«Si vous laissez le virus H5N1 se propager parmi cinq millions de poulets, vous avez littéralement cinq millions de chances qu'il mute», selon le Dr Gail Hansen, ancienne vétérinaire du Ministère de l’agriculture du Kansas.

«Si vous laissez le virus H5N1 se propager parmi cinq millions de poulets, vous avez littéralement cinq millions de chances qu'il mute», selon le Dr Gail Hansen, ancienne vétérinaire du Ministère de l’agriculture du Kansas.

IMAGO/ZUMA Press Wire

La dernière idée de Robert F. Kennedy Jr, le nouveau ministre américain de la Santé, pour combattre la grippe aviaire suscite une énorme vague d’incompréhension au sein de la communauté scientifique. Lors d’une interview sur la chaîne conservatrice Fox News, le neveu de JFK, le président assassiné en 1963, a estimé qu’«au lieu d’abattre les animaux des fermes où le virus a été détecté, on pourrait laisser la grippe aviaire suivre son cours, afin de voir quelles poules sont immunisées et de les garder».

Selon le site belge 7sur7, la ministre de l’Agriculture, Brooke Rollins, «apprécie l’idée». Elle prétend même que «des agriculteurs sont prêts à participer à un projet pilote, avec un périmètre sécurisé autour de leurs exploitations».

«À chaque infection, le virus a la possibilité de muter en une variante plus dangereuse.»

Un vétérinaire

De telles intentions font donc bondir les experts. Interrogés par le «New York Times», des vétérinaires ont même qualifié la proposition d’«idée désastreuse». «À chaque infection, le virus a la possibilité de muter en une variante plus dangereuse. Pour l’instant, le virus ne peut pas encore se propager parmi les humains, mais cela pourrait changer plus rapidement», alerte l’un d’eux.

«Si vous laissez le virus H5N1 se propager parmi cinq millions de poulets, vous avez littéralement cinq millions de chances que le virus se réplique et mute», assène le Dr Gail Hansen, ancienne vétérinaire du Ministère de l’agriculture de l’État du Kansas. «C’est chercher les ennuis.»

«Peu de variations génétiques»

Les scientifiques interrogés par le quotidien new-yorkais descendent aussi en flèche l’idée de Robert F. Kennedy Jr selon laquelle certains poulets pourraient être naturellement immunisés contre la grippe aviaire. «Avec la méthode actuelle d’élevage, il y a peu de variations génétiques au sein des fermes. Or c’est précisément ce qui serait nécessaire pour faire émerger une immunité naturelle. Nos poulets sont en fait génétiquement presque identiques…»

Enfin, dernier problème soulevé par les experts: un poulet immunisé contre la souche dominante actuelle de la grippe aviaire ne serait pas nécessairement immunisé contre une autre souche du même virus. Or depuis janvier 2022, plus de 1600 foyers de grippe aviaire ont été signalés dans des fermes et chez des particuliers américains.

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