Lucie Zhang«J’ai peur que mon père voie «Les Olympiades»
Lucie Zhang, l’une des héroïnes du dernier film en date de Jacques Audiard, craint que certaines scènes choquent son papa.

Lucie Zhang durant le Festival de Cannes 2021 où était présenté le film «Les Olympiades».
imago images/ZUMA WireLa Française est présentée comme la révélation des «Olympiades», long métrage réalisé par Jacques Audiard en salles depuis le 3 novembre 2021. Après avoir vu le film, on ne peut qu’acquiescer. La jeune femme de 21 ans incarne avec brio Émilie, une diplômée de Sciences Po qui travaille en tant que téléconseillère et qui tombe amoureuse de Camille, son colocataire. Un premier rôle au cinéma pour celle qui est encore étudiante, mais qui ne sera pas le dernier puisqu’elle nous a confié vouloir consacrer son énergie au cinéma après l’obtention de son diplôme.
On a du mal à croire que vous n’étiez pas actrice avant de tourner dans «Les Olympiades».
J’ai juste fait un peu de théâtre au Conservatoire et j’ai séché presque tous les cours, donc je n’avais pas beaucoup d’expérience.
Comment avez-vous travaillé le personnage d’Émilie?
Avec le temps surtout. Avec le temps, j’ai pu comprendre beaucoup de choses, comme le fait qu’on n’est pas choisi pour la ressemblance qu’on a avec le personnage. Il faut vraiment faire un chemin, aller vers le rôle et pour ça, il faut abandonner beaucoup de choses de soi-même. Il faut sortir de soi pour entrer dans la personne qu’on incarne et créer tout ce qui lui est propre.
Quelles choses avez-vous abandonnées?
Une énergie un peu lisse et aérienne. Le côté posé et doux quand je parle. La pudeur en général et certaines valeurs aussi, le temps d’une scène.
Tourner des scènes de sexe ne doit pas être facile quand on est quelqu’un de pudique.
J’ai trouvé plus difficile de voir le résultat que de le jouer. C’est juste la première fois. Une fois que c’est passé, ça ne fait plus rien. C’est comme si on enfilait un costume. Jacques nous a donné beaucoup de liberté et de marge de manœuvre. On n’a presque jamais eu de répétitions dans les conditions exactes de ces scènes-là. On a beaucoup travaillé entre nous.
Vos proches ont-ils vu le film?
Ma sœur oui, parce qu’elle m’a accompagnée au Festival de Cannes, mais mes parents non. J’ai peur que mon père voie le film et ma mère a peur qu’il le voie aussi.
Pour quelles raisons?
Il est un peu le père protecteur et traditionnel. Pour des questions de mentalité, j’ai peur que ça le choque un peu.
Quels souvenirs gardez-vous de votre passage au Festival de Cannes, en juillet 2021?
C’était comme un rêve. Avant, j’avais très peur, j’étais stressée. Ce jour-là, j’avais des talons, ce dont je n’ai pas l’habitude. J’avais très peur de tomber, d’avoir mal au point de faire des grimaces, mais pas du tout. Une fois arrivée sur le tapis rouge, j’ai tout oublié, j’ai profité. C’est comme si je marchais sur du coton, sur des nuages.

L’équipe des «Olympiades» à Cannes, le 14 juillet 2021.
imago images/ZUMA Wire