Shana P«Je suis arrivée à un point où j'ai envie de m'éclater»
Shana P sort un 2e album, «Love Inferno». La galette marque un doux changement dans le style de la chanteuse, qui donnait auparavant plus dans du r'n'b.
La Genevoise a pas mal roulé sa bosse: les premières parties de Justin Bieber, Sean Paul, La Fouine, des collaborations avec Big Ali ou Elephant Man. Bref, à 27 ans, Shana P s'est fait un nom et s'est affirmée.
En quoi «Love Inferno» est-il différent du premier disque?
Ma musique a évolué depuis 2009. Les mélodies sont plus recherchées, au niveau des instrus par exemple. En quatre ans, j'ai perdu des êtres chers. J'ai aussi vécu des expériences incroyables, particulièrement avec Big Ali. Il m'a fait découvrir que je pouvais aimer aussi la pop et l'electro.
D'où un album plus dance et moins r'n'b que le précédent?
Je suis arrivée à un point de ma vie où j'ai ai envie m'éclater. Avec «Back To You», en collaboration avec le DJ lausannois Djerem, ou «Supermen» je peux faire danser les gens. Cette idée me plait énormément.
Pourquoi ce titre «Love Inferno»
Pour montrer toutes les facettes de l'amour. Sur l'album, j'en parle beaucoup. Que ce soit un amour qui t'emporte, comme sur «Superman», ou un amour usé, comme «Our Love is Old». Le côté infernal de l'amour est aussi représenté.
Vous venez du r'n'b et du hip-hop, réputés très masculins... Comment vous y sentez-vous?
Bien! On pense que ces milieux sont pleins de gros requins. Faux! Plutôt des nounours. Il faut savoir s'affirmer. Il y a moins de chichis quand on bosse avec des mecs!
Qu'avez-vous appris de toutes les premières parties que vous avez faites?
On s'en prend plein la figure, au sens positif. Même si ne pas jouer devant son public peut paraître difficile. Dans le cas de Bieber, le public m'a super bien accueilli. C'était tellement fou. Mais pour moi, quelque soit le type de concert, je garde la même philosophie: me donner à fond.
Que retenez-vous de votre marathon promo il y a deux ans avec Big Ali auprès des médias français?
Ce que je me disais dans ces moments-là, c'était: «Profite, Shana, profite!». C'est tellement éphémère. Du jour au lendemain on peut passer du top au flop. J'ai fait de très belles rencontres humaines, notamment avec Cauet.
Mais au final, que reste-t-il de ces rencontres? Si vous appelez Cauet pour lui dire que vous sortez un album, va-t-il vous recevoir dans son émission?
Je sais très bien comment fonctionne l'industrie. Cauet ne peut pas faire ce qu'il veut et inviter qui il veut. Je pense qu'il écoutera volontiers mon album. Mais je n'ai pas envie de jouer les profiteuses. Après, je sais aussi qu'en chantant en anglais, ce sera difficile de percer sur les radios en France.
Aujourd'hui, vivez-vous de votre musique?
Beaucoup de gens le pensent mais ce n'est pas le cas. Ça reste mon rêve, mon but. Je me bats fort pour y parvenir.
Revenons à votre album. Comment allez-vous le transposer pour la scène?
Avant, je me produisais avec un DJ, à la mode hip-hop. Là, avec «Love Inferno», j'ai envie de jouer avec un groupe complet. C'est tellement plus puissant.

«Love Inferno»
Disponible dès le mardi 21 mai 2013.
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