«Je veux mourir le jour de mes 70 ans»

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Pédophile en prison«Je veux mourir le jour de mes 70 ans»

Violeur récidiviste, Peter Vogt est derrière les barreaux depuis plus de vingt-cinq ans. Lassé de la vie, il aimerait avoir recours au suicide assisté. Une première en Suisse.

Peter Vogt, lors de son passage à la télévision il y a un an. Il exprimait son désir de mourir pour la première fois.

Peter Vogt, lors de son passage à la télévision il y a un an. Il exprimait son désir de mourir pour la première fois.

Capture d'écran SRF

Détenu depuis plus de vingt-cinq ans, Peter Vogt passera le reste de sa vie derrière les barreaux. Ne voyant aucune perspective d'avenir, l'homme de 69 ans, violeur récidiviste, souhaiterait en finir avec la vie. Selon le Blick, le Suisse alémanique, détenu dans l'établissement pénitentiaire de Bostadel (ZG), aimerait avoir recours au suicide assisté le 13 août 2020, à 17 h 15. Et le choix précis de cette date n'est de loin pas anodin: «Ce sera le jour de mon anniversaire. Oui, je veux mourir le jour de mes 70 ans.»

Mais le prêtre de la prison, Hans Guldenmann, condamne cette initiative, car la dureté de la vie pénitentiaire ne devrait pas être une légitimation pour demander le droit de mourir: «Mon but ultime a toujours été de ramener les gens à la vie et que ceux-ci ne perdent jamais espoir.»

Mais voilà, souffrant depuis des années d'insuffisance rénale et cardiaque, Peter Vogt souhaite se faire entendre en expliquant que vivre avec sa maladie en prison serait bien plus compliqué que s'il se trouvait à domicile. «Je connais au moins quatre autres personnes dans mon cas et qui veulent en finir avec la vie», souligne-t-il.

Dans une zone floue

Malgré ses souffrances, Peter Vogt ne remplit pas les conditions requises pour prétendre avoir droit à une euthanasie. En effet, seul un patient atteint d'une maladie incurable, de souffrances intolérables ou de polypathologies invalidantes liées à l'âge peut avoir recours à cette méthode.

Ne souhaitant pas baisser les bras, l'homme affirme que c'est son trouble de la personnalité qui lui mènerait une existence infernale. Les experts abondent en son sens: Peter ne peut être soigné de ce mal. Un avis de psychiatre, écrit en 2015, atteste que le risque de rechute est élevé. Selon lui, Peter Vogt «banalise ses actions et ne montre aucune empathie envers ses victimes», même s'il affirme n'avoir jamais «violé par désir» mais que «ces infractions me permettaient de respirer.»

Désormais, Peter, qui vit dans une cellule de huit mètres carrés, n'a aucun droit d'avoir des contacts physiques: «Je ne pourrai plus jamais communiquer avec quelqu'un sans restrictions, ne jamais faire l'expérience de la proximité. Personne ne peut vivre comme ça.»

Les Cantons s'exprimeront d'ici à la fin de l'année

Devant sa détresse, le Centre suisse de compétences en matière d'exécution des sanctions pénales s'est saisi de la question. Les conclusions affirment que dans certaines conditions, les détenus pourraient avoir le droit de décider de leur propre mort.

Si les Cantons doivent se prononcer sur la question en début d'année prochaine, il y a peu de chance pour que le vœu du détenu puisse être exaucé dans les délais, puisqu'il ne semble pas répondre aux conditions fixées. Mais il persiste: «Les autorités seront bien contentes de se débarrasser de moi.» S'il parvient à ses fins, il deviendra le premier détenu du pays à avoir recours à Exit.

(szu)

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