CyclismeLa première transgenre championne du monde
Rachel McKinnon a déclenché la polémique en étant sacrée aux Mondiaux sur piste Masters.

Née homme, Rachel McKinnon (au centre) a été sacrée championne du monde du sprint en catégorie femmes 35-39 ans.
Twitter @rachelvmckinnonLes championnats du monde de cyclisme sur piste de catégorie Masters ont lieu cette semaine à Los Angeles. Et s'ils font parler d'eux, c'est parce que la Canadienne Rachel McKinnon est devenue dimanche la première transgenre à être sacrée championne du monde, tous sports confondus. Du côté, la polémique enfle au fil des heures.
Née homme, Rachel McKinnon est professeure assistante de philosophie dans un lycée de Caroline du Sud. En début de semaine, elle est donc devenue la première femme trans' à monter sur la plus haute marche d'un podium mondial: en l'occurrence, elle a remporté l'épreuve de sprint, catégorie femmes 35-39 ans. Elle s'en est réjouie sur son compte Twitter: «Première femme transgenre à être championne du monde.»
Mais du côté de ses adversaires, on a de la peine à accepter cette victoire. Beaucoup pensent que son ancien corps d'homme lui confère un avantage évident. Ainsi l'Américaine Jennifer Wagner-Assali s'est-elle laissée aller sur Twitter: «J'ai été classée troisième. Ce n'est définitivement PAS juste.»
Et la célèbre chroniqueuse anglaise y est aussi allée de son commentaire: «Pour plus de clarté, c'était les championnats du monde des dames. Je répète: des dames. Félicitations aux braves médaillées d'argent et de bronze. Le monde est pris de folie. »
Certains internautes y sont allés plus franchement encore: «Comment pouvez-vous regarder dans les yeux les femmes à qui vous avez volé une médaille de vainqueur?, a écrit l'un d'eux. Ne pensez-vous pas plutôt avoir fait reculer le mouvement trans' avec votre «victoire» honteuse?»
Face à toutes ces critiques, Rachel McKinnon s'est fendue d'un simple: «Voilà, je suis championne du monde.»
Après coup, elle s'est justifiée sur son compte Twitter: «Je m'entraîne 15 à 20 heures par semaine, deux fois par jour, cinq à six jours par semaine. Pour vous, j'ai juste sauté de mon canapé et gagné. Mais vous êtes des bigots transphobes.»
Avant d'admettre, dans une interview accordée au site «VeloNews»: «Les personnes qui s'opposent à l'inclusion des personnes trans' dans le sport nous confrontent à une double peine. Si je gagne, c'est parce que j'ai un avantage sur les autres. Si je perds, elles vont dire que je ne dois pas être assez forte. Ces personnes ne vont jamais attribuer ma victoire au fait que je travaille dur. C'est pourtant ce que je mérite.»
Deuxième de la course, la Néerlandaise Carolien Van Herrikhuyzen semble avoir plus de compréhension que les autres: «La 2e est une AMIE et elle me soutient énormément», a encore écrit Rachel McKinnan.
En tout cas, cette victoire historique n'a pas fini de faire parler d'elle.