Covid à GenèveNon-vaccinés hospitalisés: Poggia veut les faire passer à la caisse
Le magistrat chargé de la Santé propose que ceux qui refusent le vaccin paient en partie les coûts de leur hospitalisation, s’ils sont atteints du virus.

Mauro Poggia, conseiller d'Etat (MCG), en charge du Département de la sécurité, de la population et de la santé.
TDGLe conseiller d’Etat genevois chargé de la Santé, Mauro Poggia, durcit le ton à l’égard de celles et ceux qui ne veulent pas se faire vacciner contre le Covid-19. Il souhaite que ces personnes passent à la caisse, si elles sont hospitalisées ou en incapacité de travail en raison d’une infection au virus. «La solidarité à l’égard des non-vaccinés a ses limites», a-t-il déclaré vendredi soir sur le plateau de Léman Bleu.
Il faut assumer, selon Poggia
Soulignant qu’au bout du lac, 90% des hospitalisés Covid-19 n’étaient pas vaccinés au moment de leur admission, le magistrat a estimé que les réfractaires devaient assumer le risque pris en leur âme et conscience. Selon lui, ils devraient donc participer aux coûts engendrés pour leur prise en charge, s’ils étaient atteints du Covid. «Les personnes qui ont fait l’effort - et encore l’effort est modeste - de se faire vacciner n’ont pas envie de supporter les conséquences des choix que d’autres font. Notre économie non plus.»
Non-vaccinés, mais pas tous antivax
Interrogé par «20 Minutes», Mauro Poggia a déclaré qu’il ciblait notamment «les opportunistes», ces Genevois «qui en matière de vaccination, attendent pour voir». Quid de ceux qui - pas forcément opposés à recevoir leur double dose anti-Covid - n’ont pas encore eu l’occasion de se faire piquer, pour raisons médicales ou autres? Le conseiller d’Etat a expliqué que si sa proposition devait se concrétiser, «il faudrait bien entendu définir un cadre très précis, laisser du temps aux retardataires et ne pas pénaliser ceux qui par exemple ne peuvent être vaccinés en raison de leur état de santé».
Le magistrat a admis un autre bémol: «Il ne faudrait pas que des gens renoncent à des soins pour des raisons économiques, de peur de ne pouvoir s’acquitter de leur éventuelle participation financière». Enfin, «le principe de base doit rester: pas question de refuser des soins à celles et ceux qui en ont besoin».
Susciter le débat
Mauro Poggia a précisé qu’aucun projet de loi n’était en préparation. Il n’a avancé aucun chiffre sur l’éventuel effort financier qui pourrait être demandé aux réfractaires à la vaccination. «Mais sur le principe, c’est une question qu’il faut se poser, je pense. Je souhaite susciter un débat. Il doit avoir lieu au niveau fédéral. De toute façon, le canton de Genève n’aurait pas la compétence pour agir seul».