La tragédie salit l'image de la Suisse

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Mort de Skander à Bochuz (VD)La tragédie salit l'image de la Suisse

Les médias français se lâchent sur l'affaire de la mort de Skander Vogt en prison.

Raphaël Pomey
par
Raphaël Pomey
Skander était monté sur le toit des EPO en 2008.

Skander était monté sur le toit des EPO en 2008.

«Histoire effroyable», «mépris total», «sadisme»... Depuis deux jours, la presse française n'a pas de mots assez durs pour décrire l'action de la police et des gardiens de prison lors de la mort de Skander Vogt à Orbe. Il a péri début mars asphyxié dans sa cellule après avoir mis le feu à son matelas. Le Journal du Dimanche (JDD), la radio RTL et Le Figaro se sont indignés des propos des agents, qualifiant le détenu de «connard». RTL établit un lien entre une haine des gardiens pour Skander et un choix de le «laisser mourir».

Osé, mais ce n'est pas tout: sur le Net, le JDD diffuse des enregistrements sonores sur lesquels les noms des policiers impliqués dans le drame sont audibles. «Nous avons reçu les documents tels quels», note le chef du web du journal. Il avoue que le bien-fondé de la diffusion de ces passages mérite d'être «étudié».

Qu'en pensent les autorités vaudoises? Du côté du Conseil d'Etat, c'était silence radio, lundi. Tant le Département de l'intérieur que celui de la sécurité laissaient à la justice le soin de s'exprimer. Une discrétion qui contraste avec l'émotion des policiers. «Cela choque les gens d'entendre un collègue traiter un détenu de connard, explique l'un d'eux. Mais quand on est réveillé chez soi pour aller s'occuper d'un type qui cause régulièrement des problèmes, on ne se dit pas: «Super, je quitte ma famille pour aller voir un copain.»

Des gardiens d’élite formés aux arts martiaux

Mercredi dernier, l’émotion causée par la mort de Skander Vogt dans sa cellule a forcé le Conseil d’Etat à adopter des mesures pour améliorer la sécurité aux Etablissements de la plaine de l’Orbe (EPO). Ce que l’on ne savait pas, c’est qu’il avait pris les devants. Début mars, un groupe d’agents de la prison a commencé un entraînement d’arts martiaux pour faire face aux détenus dangereux. Triés sur le volet, ces gardiens s’entraînent une à deux heures par semaine dans une discipline qui s’ajoutera aux notions d’autodéfense acquises durant leur formation. Un autre groupe suivra en mai. «On ne veut pas en faire des Rambo, tempère Denis Pittet, du Département de l’intérieur. Ils auront des bases mais on n’obtient pas une ceinture noire en six mois.» Il juge qu’il n’est pas impossible que, dans un an, un de ces super-gardiens fasse systématiquement partie des hommes assurant la sécurité des EPO la nuit. (pom)

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