Les allergiques au pollen tirent profit du port du masque

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Temps printanierLes allergiques au pollen tirent profit du port du masque

Ces derniers jours, la hausse des températures encourage la circulation de l’allergène. Mais la situation imposée par la pandémie est bénéfique. Les protections bucco-nasales limitent le contact avec les pollens.

Le temps printanier est mauvais pour les personnes sensibles au contact du pollen. Seules «les basses températures pourraient retarder la floraison des plantes allergènes», détaille Laure Tercier, experte auprès d’aha! Centre d'Allergie Suisse.

Le temps printanier est mauvais pour les personnes sensibles au contact du pollen. Seules «les basses températures pourraient retarder la floraison des plantes allergènes», détaille Laure Tercier, experte auprès d’aha! Centre d'Allergie Suisse.

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Le nez qui coule, les yeux qui piquent, le palais qui démange… Pas de doute, le pollen est de retour. Ces derniers jours, les personnes qui y sont allergiques souffrent de la hausse des températures. Celle-ci accélère la floraison des plantes allergènes. Laure Tercier, experte auprès d’aha! Centre d'Allergie Suisse, confirme qu’«au nord comme au sud des Alpes, la charge pollinique est forte en plaine, et localement même très forte, ces jours. Le vent aggrave la situation en répandant le pollen et en le conduisant jusqu'à nos yeux. C’est pourquoi, une personne allergique devrait toujours porter des lunettes de soleil à l'extérieur.» Et ce même lorsque le temps est gris, puisque le pollen vole aussi.

Sortir masqué

Si les personnes allergiques souffrent à chaque période printanière, elles ont l’avantage cette année du masque chirurgical qui, en marge de sa fonction de protection contre le Covid-19, limite aussi les contacts avec l’allergène. «Les pollens ne peuvent pas passer au travers. Même les plus petits grains sont beaucoup plus gros que les couches textiles du masque», explique Laure Tercier. Lunettes et protection bucco-nasale, tel est l’équipement adéquat pour braver l’extérieur. Seule la pluie permettrait de laver le pollen de l’air et de soulager les plus sensibles.

Conseils pratiques

Pour limiter les contacts avec le pollen, Laure Tercier donne quelques conseils pratiques au quotidien :

  • S’il est nécessaire d’aérer son domicile en période de Covid, il convient cependant pour les allergiques au pollen de ne pas laisser les fenêtres ouvertes en permanence et de ne ventiler son intérieur que brièvement.

  • Ne pas se déshabiller dans la pièce où l’on dort, mais privilégier plutôt la salle de bains, les vêtements étant imprégnés des pollutions venues de l’extérieur.

  • Se laver les cheveux le soir permet d’éliminer les grains de pollen rencontrés dans la journée.

On estime que 20% des Suisses y sont aujourd’hui allergiques, alors qu’ils étaient moins d’un pour cent au début du XXe siècle. «La pollution de l'air en est l’une des causes. Certaines études démontrent que les plantes des zones polluées produisent plus d'allergènes et que les polluants atmosphériques rendent également le pollen plus agressif», développe la spécialiste.

Système immunitaire affaibli

L’évolution de notre mode de vie hygiénique au fil des années y est aussi pour quelque chose : «Notre système immunitaire est moins confronté aux véritables agents pathogènes et se défend contre des substances inoffensives comme le pollen.» Entre utilisation du gel hydroalcoolique et mise en place des gestes barrières et port du masque, la pandémie a-t-elle aussi joué un rôle sur le plan immunitaire? Le Centre d’Allergie Suisse ne détient actuellement aucune donnée à ce sujet.

Traiter l’allergie

L’experte auprès d’aha! Centre d'Allergie Suisse préconise «le traitement médical pour éviter que l'asthme allergique ne se développe. En général, des antihistaminiques sous forme de comprimés, de vaporisateurs nasaux et de gouttes pour les yeux suffisent, et le cas échéant en combinaison avec des préparations à base de cortisone.» Pour cela, il convient de se rendre chez un médecin ou un allergologue afin d’identifier les besoins propres à chacun. Laure Tercier évoque aussi «l’immunothérapie allergénique, visant à habituer lentement le corps à l’allergène, afin que celui-ci développe une tolérance. Avec la désensibilisation, les symptômes peuvent être soulagés de 75 à 80 % et la consommation de médicaments peut être réduite de manière significative.»

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