Economie circulaire – Les entreprises suisses gaspillent inutilement des matières premières

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Économie circulaireLes entreprises suisses gaspillent inutilement des matières premières

L’environnement pâtit de l’augmentation de la consommation. L’économie circulaire permettrait d’atténuer cette pression, mais une étude montre que les entreprises helvétiques ne s’engagent guère. Cela serait pourtant bénéfique.

L’économie circulaire permet non seulement de préserver les ressources, mais aussi de réduire les émissions de CO₂.

L’économie circulaire permet non seulement de préserver les ressources, mais aussi de réduire les émissions de CO₂.

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La gestion des matières premières joue un rôle décisif dans la lutte contre le changement climatique. La fabrication de nouveaux produits engloutit en effet une quantité énorme de ressources et entraîne des émissions élevées de CO2. Mais tant que l’économie mondiale dépend du chiffre d’affaires des marchandises, on produira, achètera, utilisera et éliminera. Dès lors, que faire?

La «formule magique» se nomme économie circulaire – à savoir le recyclage des matières premières à partir d’objets devenus inutiles. Cette dernière ne se limite en revanche pas au seul recyclage. «L’économie circulaire consiste plus généralement à utiliser les ressources de manière efficace», explique Tobias Stucki, codirecteur de l’Institut Sustainable Business de la Haute École spécialisée bernoise.

Hormis des processus de fabrication efficaces, ce cycle intègre aussi la longévité du produit: plus longtemps il est utilisé, moins vite il finira à la poubelle. Au-delà du recyclage, un circuit fermé des matières premières a également une importance dans la réutilisation et le partage des produits.

La Suisse n’en est qu’au début

Pour la Suisse, l’économie circulaire ne revêt pas seulement une importance en matière d’émissions de CO₂. «Nous ne disposons que de peu de matières premières naturelles propres», rappelle Tobias Stucki. Une utilisation efficace des ressources permettrait de réduire notre dépendance vis-à-vis de l’étranger et d’améliorer notre «budget» CO₂.

Or, une étude menée par la Haute École spécialisée bernoise en collaboration avec le Centre de recherches conjoncturelles de l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) montre que la Suisse n’a pas encore fait ce travail. «Seuls 10% des entreprises s’occupent de manière cohérente du cycle des matières premières», déplore Tobias Stucki, coauteur de l’étude. Pire: 40% des entreprises ne s’engagent pas du tout. Le cycle des matières premières joue certes un rôle plus important dans les entreprises industrielles que dans un cabinet d’avocats, par exemple, mais «chaque entreprise a la possibilité d’évoluer vers une entreprise circulaire».

Pour le spécialiste, les processus figés représentent un vrai problème. «Alors que l’industrie alimentaire est notamment en train de développer des sources alternatives de protéines, l’agriculture est encore coincée dans de vieux schémas», note le chercheur. Selon lui, il s’agit aujourd’hui de créer une prise de conscience et de motiver les entreprises à passer à l’économie circulaire.

L’économie circulaire est essentielle pour atteindre le zéro net

Il existe toutefois des obstacles: en plus des moyens financiers, il faut disposer de connaissances techniques. Et plus l’économie circulaire est perfectionnée, plus elle devient compliquée. Dans certains cas, des processus entiers doivent être ajustés, explique Tobias Stucki. «Et lorsqu’un produit change, il faut souvent aussi adapter le marketing.»

Il voit toutefois de la lumière à l’horizon, car «la pression des consommatrices et des consommateurs augmente». Les entreprises se rendent en outre compte que l’économie circulaire permet de concilier facilement les objectifs écologiques et économiques.

«Si nous voulons atteindre le zéro net d’ici à 2050, il n’y a pas d’autre solution que l’économie circulaire», certifie Tobias Stucki. Avant de relativiser: «Même s’il est peu probable que l’on parvienne à une circularité à 100%, elle doit être l’objectif.»

Les origines de l’étude

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