GenèveMalgré le choc du Covid, l’économie a bien tenu le coup
Une étude décrit les effets de la pandémie sur les acteurs économiques du canton et tente d’en tirer les leçons, en vue d’une possible nouvelle crise.

«Les effets de la crise sanitaire ont été sévères, mais les indicateurs permettent d’envisager l’avenir avec plus de sérénité et un relatif optimisme, selon Vincent Subilia, directeur général de la Chambre de commerce, d'industrie et des services de Genève (CCIG). L’économie genevoise a montré une résilience sans précédent.» Dévoilée mardi, une étude conjointe avec la Banque cantonale de Genève (BCGe) et l’Office cantonal de la statistique a évalué l’impact de la pandémie sur la marche des affaires, et les enseignements qui peuvent en être tirés.
Bonnes conditions cadre
Constat général: malgré l’ampleur du choc, «Genève s’en sort plutôt bien», ont souligné les auteurs du rapport, Sylvain Weber et Giovanni Ferro Luzzi, professeurs à la Haute école de gestion et à l’Université de Genève. «Le tissu économique diversifié au bout du lac a fait la force du canton, avec des secteurs moins touchés que d’autres, comme la finance, les pharmas ou le négoce.»
Les politiques publiques ont aussi joué leur rôle. «La loi relative au frein à l’endettement a par exemple permis de constituer des réserves qui ont été utilisées pour aider les entreprises», a précisé Sylvain Weber. Les soutiens étatiques ont aussi rempli leur mission (cf. encadré), «même s’ils ont artificiellement maintenu certaines entreprises à flot, a objecté Giovanni Ferro Luzzi. Y aura-t-il un rattrapage et donc des faillites, par exemple? C’est à voir.»
Plus autant de ressources
Ces mesures ont en tout cas fait leurs preuves et l'expérience acquise permettra sans doute de les réactiver encore plus efficacement, en cas de besoin. Même chose pour le télétravail, auquel les acteurs économiques sont aujourd’hui mieux préparés, a relevé l’étude.
Pas question de s’emballer, cependant. L’hôtellerie-restauration reste notamment très fragile, la récente annulation de la réunion ministérielle de l’OMC l’a montré. «La facture finale est très salée, on ne peut se permettre le luxe de crises à répétition. Tout doit être fait pour endiguer la pandémie», a plaidé Vincent Subilia. Si un nouveau crash devait survenir, Sylvain Weber prévient: «Dans l’urgence, les aides ont arrosé beaucoup de monde. Mais à l’avenir, avec des réserves amoindries, il faudra plutôt cibler les entreprises capables de résister au choc.»