Rénovation à Marseille: La «Bonne Mère» se refait une beauté

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MarseilleUn chantier monumental pour redonner son éclat à la «Bonne Mère»

Notre-Dame-de-la-Garde, symbole de la Cité phocéenne, deuxième ville de France, va se refaire une beauté de février à décembre.

La «Bonne Mère» domine Marseille depuis plus de 140 ans.

La «Bonne Mère» domine Marseille depuis plus de 140 ans.

AFP

Cent mètres carrés de feuilles d’or à appliquer derrière un échafaudage surplombant la baie de Marseille, dans le sud de la France: un chantier monumental s’apprête à démarrer à Notre-Dame-de-la-Garde pour redonner son éclat à la «Bonne Mère», statue de la Vierge à l’Enfant emblématique de la ville.

«C’est la chance d’une vie» d’avoir pu étudier «depuis la fin des années 1990 jusqu’à aujourd’hui» cette basilique, raconte l’architecte en charge des travaux de redorure et de restauration, Xavier David. «On est enfin arrivés au plus haut, au plus précieux, au plus important», ajoute-t-il à propos de la redorure de la statue haute de 11,2 mètres et dont la couronne, à 225 mètres au-dessus de la Méditerranée, est le point culminant de la deuxième ville de France.

Abîmée par le mistral et la pollution

Pour évaluer avec précision les travaux, prévus de février à décembre, Xavier David a notamment descendu en rappel les quatre versants de la Vierge dorée. «Il faut voir aussi avec la main, on ne peut pas seulement voir avec l’œil», explique celui qui arpente depuis plusieurs décennies l’étroit escalier en colimaçon situé dans les entrailles de la «Bonne Mère», au sommet duquel on peut observer, par une trappe au milieu de la couronne de la statue, toute la ville de Marseille, sa baie et ses collines.

Après l’installation pendant plusieurs semaines d’un échafaudage enveloppé d’une bâche, les travaux porteront à la fin de l’été sur la surface de la statue, dont la dorure a été abîmée par le mistral, l’air marin et la pollution industrielle. «La redorure de la statue a lieu à peu près tous les 30 ans», explique le père Olivier Spinosa, recteur du sanctuaire.

Il faudra 30'000 feuilles d'or pour refaire la dorure de la «Bonne Mère» et de son petit Jésus.

Il faudra 30'000 feuilles d'or pour refaire la dorure de la «Bonne Mère» et de son petit Jésus.

AFP

Et de rappeler que la «Bonne Mère» est «véritablement une statue qui rassemble parce que, quand on arrive à Marseille, on la voit de loin». «La Vierge, c’est la mère, c’est l’enfant, c’est très méditerranéen, c’est l’amour, donc voilà, je crois que rien que pour ça, il faut la redorer», s’enthousiasme Nicole Leonetti, une retraitée marseillaise en visite à la basilique.

En amont du chantier, le diocèse de Marseille, propriétaire de l’édifice, a lancé une campagne de dons, proposant aux particuliers de financer une des 30'000 feuilles d’or nécessaires. Le diocèse a également reçu le soutien de mécènes, comme l’armateur CMA CGM du milliardaire Rodolphe Saadé, basé à Marseille, ou encore l'OM et Pernod Ricard.

«Peu de personnel»

Le chantier, dont le budget s’élève à 2,8 millions d’euros, ne concernera pas seulement la surface de la statue, mais aussi sa structure métallique ou encore les anges du clocher. «Il y aura peu de personnel, seulement des compagnons très pointus, très compétents qui vont travailler sur la pierre, d’autres sur le fer, avant l’arrivée des doreurs» au mois d’août, explique Xavier David.

La statue a été réalisée au XIXe siècle en «galvanoplastie», qui consiste à plonger un moule en plâtre dans un bain de cuivre. Elle est la plus grande au monde réalisée avec cette technique, «qui donne en sculpture le travail le plus fin et le plus pérenne, puisque 140 ans plus tard, cette statue est encore parfaitement intacte», explique l’architecte. «À la condition qu’on lui apporte un soin particulier tous les 25-30 ans.»

(afp/jw)

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