Aide à la transition - Parler ouvertement et sans ambiguïté du climat

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Aide à la transitionParler ouvertement et sans ambiguïté du climat

Nombreux sont ceux qui souhaitent vivre dans le respect de l’environnement. Pourtant, personne n’évoque les problèmes rencontrés quand il s’agit de passer à l’acte. Les «Conversations carbone» ont été créées pour faciliter un échange franc, même quand les sujets évoqués ne sont pas agréables.

Vivre de façon écologique, oui, mais comment? Les «Conversations carbone» aident à résoudre les problèmes induits par un mode de vie respectueux de l’environnement.

Vivre de façon écologique, oui, mais comment? Les «Conversations carbone» aident à résoudre les problèmes induits par un mode de vie respectueux de l’environnement.

Silvan Hohl

Vivre de manière durable, réduire son empreinte carbone, éviter les charges inutiles que l’on fait peser sur l’environnement: la plupart d’entre nous souhaite vivre de manière écoresponsable. Nous sommes généralement même disposés à adapter notre mode de vie. Cela dit, aucun changement ne se produit sans désagréments. Et lorsqu’on se retrouve confronté aux conséquences concrètes de cette transition, la notion de plaisir disparaît souvent.

On ne s’envole pas en vacances parce que les voyages en avion plombent notre bilan de CO2. On se passe d’un nouveau téléphone portable, d’un appartement de vacances, de nourriture exotique ou même d’une voiture. Au final, nombreux sont ceux qui désirent vivre dans le respect de l’environnement et qui sont conscients de l’urgence du changement, mais qui ne sont pas prêts ou ont du mal à composer avec les effets que cela implique.

Les humains au centre

Les «Conversations carbone» («KlimaGespräche», en allemand) se sont donné pour objectif de nous aider à faire face à cette ambiguïté. Cette méthode, développée au Royaume-Uni, combine des aspects techniques et psychologiques – et s’appuie sur le soutien du groupe. Les discussions sont menées par des animateurs qui ont eux-mêmes participé à des conversations sur le climat et suivi une formation complémentaire. L’accent n’est pas mis sur le discours scientifique, mais sur les humains et leurs émotions.

«La science fournit la base, mais l’essentiel est d’échanger des expériences et de pouvoir parler des problèmes, des pressions et des résistances», explique à 20 Minutes Lorenz Kummer, responsable médias pour l’ONG Pain pour le prochain. La confrontation avec ses propres résistances et le partage au sein du groupe permettent de dépasser le sentiment d’impuissance et de trouver un mode de vie capable de diminuer durablement les émissions de CO2.

Réduction de moitié des émissions de CO2

Cette approche psychologique s’avère fructueuse. Des études de l’Université anglaise de Southampton montrent en effet que les participants ont réussi à réduire de moitié leurs émissions de CO2 en quatre à cinq ans grâce aux Conversations carbone.

En Suisse alémanique, ces entretiens – soutenus par l’Office fédéral de l’environnement, ainsi que par divers cantons, villes, communes et paroisses – ont débuté en 2019. Depuis, plus de 280 personnes y ont participé. Une soixantaine d’entre elles ont ensuite été formées comme animateurs.

Motiver au lieu de donner des leçons

«La méthode commence là où le transfert de connaissances s’arrête», note Pascale Schnyder, responsable des «Conversations carbone» en Suisse alémanique. L’expérience de ces dernières années montre clairement que le partage d’informations ne suffit pas à inciter les gens à agir. «Il faut un engagement personnel sur la question et des moyens clairs et simples pour que des plans soient mis en action», poursuit-elle.

Les «Conversations carbone» sont le dernier projet de Pain pour le prochain et Action de Carême dans le cadre de leur engagement de longue date en faveur d’une plus grande «justice climatique». Elles se tiendront pour la première fois à Bâle à partir du 9 septembre. Vous pouvez vous inscrire via le site web.

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