GenèvePing-pong, concerts, expos et vide-grenier à la caserne
Une partie du futur chantier des Vernets sera temporairement transformé en lieu culturel et d'animations, ouvert à tous.
En lieu et place d'une inspection de matériel: un vide-grenier. Plutôt que des exercices en tenue gris-vert, des polos, pour un tournoi de badminton. Question ambiance, du rock, de la variété ou de l'électro remplaceront les marches militaires. L'an prochain, une partie de la caserne des Vernets se métamorphosera en centre de culture et de loisirs éphémère, parallèlement à l'édification de 1500 logements dans le secteur. Et ce, pendant un an, sept jours sur sept. «En clair, on va animer un chantier. Ce sera un lieu public ouvert à toutes et tous», résume Iago Cruz, membre du groupe de projet à l'Association pour la reconversion vivante des espaces (ARVe).
Créer avant de détruire
Porté par cette dernière, en partenariat avec la coopérative d'artistes Ressources Urbaines (RU) et soutenu par les constructeurs du futur quartier «Quai Vernets» - l'Equipe Ensemble -, le projet vise à reconvertir un bâtiment secondaire de la caserne, à l'entrée du site, jusqu'à sa destruction, programmée en 2021. Si les étages seront réservés à des ateliers d'artistes, le rez et les espaces extérieurs s'ouvriront à tous les Genevois.
Le détail des animations et du programme doit encore être finalisé, mais «l'idée, c'est d'avoir un nouveau lieu où chacun pourra venir s'amuser et se cultiver en même temps, la plupart du temps gratuitement, appuie Iago Cruz. On imagine par exemple un thé dansant un dimanche après-midi, avec une expo d'art plastique en extérieur, et en même temps, les visiteurs pourront jouer au ping-pong.»
Tout local
Le projet, en partie financé par une fondation publique, accordera une place centrale aux artistes locaux. «Ils auront ainsi l'opportunité de présenter leurs projets mais également de créer in situ.» Des collaborations sont par ailleurs envisagées avec d'autres institutions culturelles et sociales.
Autant d'activités quotidiennes risquent de donner soif et faim aux visiteurs. Tout est prévu. «On va ouvrir un bar avec des produits locaux et des prix abordables, confirme Iago Cruz. Nous voulons transformer un lieu austère, dédié à la pratique militaire, en offre culturelle et ludique. Un chantier n'est pas forcément une source de nuisances, il peut aussi être opportunité pour les arts et la population.»
Offre culturelle sur la durée
La démolition des bâtiments de la caserne ne sonnera pas le glas de la culture aux Vernets. Une fois achevé, le futur quartier aura des espaces dédiés aux arts. Lesquels et sous quelle forme? Il est encore un peu tôt pour le dire. Mais la création d'ateliers est en bonne voie. "Il n'y en a pas assez aujourd'hui, justifie Jérôme Massard, codirecteur de RU. Ce type de locaux, pour la création musicale et les arts plastiques notamment, est un grand oublié des pouvoirs publics. Il faut aussi des loyers abordables, surtout pour les jeunes qui veulent se lancer."