Éducation sexuellePlainte contre les auteurs d’une brochure «porno» pour les écoles
L’association Initiative de protection s’en prend pénalement à Santé Sexuelle Suisse pour avoir rédigé la brochure «Hey You» destinée aux élèves dès 12 ans grâce à l’argent de la Confédération.

La brochure est jugée pornographique par l’association.
20min/Matthias SpicherLa brochure «Hey You», destinée à l’éducation sexuelle des élèves dès 12 ans avait fait grand bruit et provoqué l’ire de certains parlementaires l’été dernier. Elle fait l’objet, désormais, d’une plainte pénale de la part de l’association Initiative de protection, qui s’engage en faveur d’une éducation sexuelle basée sur des faits et adaptée à l’âge. Celle-ci dénonce, lundi, ce fascicule de 60 pages qu’elle juge carrément «pornographique».
Rédigée par la fondation Santé Sexuelle Suisse (qui reçoit environ 800’000 francs de la Confédération), la brochure donne en effet non seulement des infos sur le corps, les sentiments, le cycle menstruel ou encore les MST, mais elle livre aussi des conseils sur l’utilisation de sex-toys, tels que les vibromasseurs, plugs anaux ou autres godemichés, voire des recommandations sur des pratiques telles que l’anulingus ou le bondage.
Plainte contre Santé Sexuelle Suisse
Pour l’association, qui compte dans son comité de présidence le conseiller national Benjamin Roduit (LC/VS), la brochure va beaucoup trop loin. «Divers passages attestent clairement que le public cible, les enfants dès 12 ans, est incité et poussé à l’utilisation d’accessoires sexuels, et est ainsi entraîné à commettre des actes d’ordre sexuel. Une telle approche est punissable», estime-t-elle. Pour le coup, elle a déposé plainte contre l’éditeur de la brochure, soit la fondation Santé Sexuelle Suisse, et contre l’association du même nom. La plainte vise aussi deux rédactrices responsables.
Elle reproche aux responsables du fascicule d’avoir enfreint l’art. 187, al. 1, du Code pénal («Actes d’ordre sexuel sur des enfants»). «Le point litigieux est la notion de délit de mise en danger abstraite, infraction qui peut être considérée comme réalisée même si, dans les faits, il ne s’est produit aucune mise en danger ou atteinte concrète», explique l’association, qui précise que cet article de loi vise à garantir que les enfants de moins de 16 ans soient protégés contre des expériences sexuelles précoces.
OFSP aussi dans le viseur
L’association a également lancé une procédure administrative contre l’Office fédéral de la santé publique, afin qu’il ne soutienne plus financièrement Santé Sexuelle Suisse. «Il ne faut pas que les parents et autres contribuables doivent financer cette brochure porno et que leurs enfants soient entraînés dans des actes illicites et punissables, susceptibles de porter atteinte à leur développement psychique, émotionnel et sexuel», conclut-elle.