Genève – Pour la Ville, Eric Zemmour «n’est pas le bienvenu»

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GenèvePour la Ville, Eric Zemmour «n’est pas le bienvenu»

La Municipalité désapprouve la présence au bout du lac du polémiste français, qui doit y débattre le 24 novembre.

Eric Zemmour doit débattre avec l’avocat genevois Marc Bonnant le 24 novembre.

Eric Zemmour doit débattre avec l’avocat genevois Marc Bonnant le 24 novembre.

REUTERS

Alors que le polémiste français Eric Zemmour, plus que probable candidat à l’élection présidentielle de 2022, doit participer à un débat le 24 novembre à Genève, les autorités de la Ville ont déclaré qu’il n’y était «pas le bienvenu». Le Conseil administratif a fait part samedi de cette position à la RTS. Si la Municipalité n’a pas le pouvoir d’interdire la venue du héraut de l’extrême droite hexagonale, elle a fait savoir que sa présence n’était «dans tous les cas pas opportune dans un lieu géré par la Ville».

Autrement dit, elle ne louera pas l’une de ses salles à l’association Convergences, à l’origine du dîner-débat prévu avec Eric Zemmour et l’avocat genevois Marc Bonnant. Comme le rappelle la RTS, la Municipalité avait déjà agi de la sorte en 2009, lorsqu’elle avait refusé que l’Alhambra accueille Dieudonné, connu pour ses positions antisémites. L’humoriste avait contesté cette décision en justice et obtenu gain de cause, tant au Tribunal administratif qu’au Tribunal fédéral.

Au cours d’un échange sur le port du voile avec une femme musulmane, celle-ci lui explique qu’elle enlèvera son voile si Eric Zemmour enlève sa cravate. Une séquence qui fait beaucoup parler. 25 octobre 2021

La communication de la Ville prolonge diverses initiatives visant à empêcher Eric Zemmour de s’exprimer à Genève. Une pétition en ligne, rappelant que l’homme a été condamné pour provocation à la discrimination raciale et incitation à la haine religieuse, avait, ce dimanche, été signée par plus de 1500 personnes. Par ailleurs, 67 personnalités genevoises de gauche et de centre droit ont paraphé une lettre ouverte demandant aux autorités cantonales et municipales de «ne pas contribuer à l’accueil sur leur territoire d’un polémiste dangereux».

(jef)

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