Braquage à Anières (GE)«Quand j'ai vu la porte défoncée, j'ai compris»
Un père et son fils ont assisté, médusés, à une partie de l'attaque d'un bureau de change survenue mercredi, sur la route de Thonon. Le papa raconte.
«Je suis arrivé en plein milieu du braquage, tout est allé très vite, ça a duré à peine deux minutes.» Grosse frayeur pour ce conducteur genevois. Mercredi après-midi, il s'est retrouvé quasi nez-à-nez avec les auteurs du violent brigandage d'un bureau de change, à Anières. Les malfrats ont employé un véhicule-bélier pour forcer l'entrée du commerce, blessant les deux employés, une femme et un homme. Les voleurs ont emporté un butin au montant indéterminé avant de prendre la fuite en direction de la France.
Un homme avec un extincteur
Le Genevois de 52 ans était accompagné de son fils âgé de 16 ans et se rendait à la station-service attenante pour y faire le plein. «En arrivant, j'ai été étonné de voir un camion (ndlr: le véhicule-bélier) en travers de l'entrée qui empêchait l'accès aux pompes, rapporte-t-il. Un homme muni d'un extincteur était à côté. C'était bizarre, mais comme il avait un gilet jaune, j'ai pensé qu'il s'agissait peut-être d'une intervention de secours. Quand j'ai vu un deuxième individu sortir du bureau de change et que j'ai aperçu la porte d'entrée défoncée, j'ai compris qu'il s'agissait d'un braquage.»
«C'était chaud»
Les deux individus étaient cagoulés et portaient des lunettes de soleil, décrit le père de famille. Il a aussi aperçu l'employée blessée qui rampait le long de la station-service. Avant que les malfrats ne s'engouffrent dans une voiture qui les attendait devant le bureau de change, le quinquagénaire a eu le réflexe de demander à son fils de photographier le numéro de plaques, en vue d'aider la police, «pas pour faire le buzz», précise-t-il. Les apercevant, les bandits «ont marqué un temps d'arrêt»: «Soudain, mon fils m'a dit que l'un des deux hommes était en train de mettre la main à la poche, poursuit-il. J'ai immédiatement reculé avec mon véhicule. L'autre individu a alors dit à son comparse «arrête». Il a ensuite giclé l'air avec son extincteur pour masquer leur fuite. C'était chaud.»
Pas encore interpellés
Plusieurs personnes étaient présentes sur place, indique le quinquagénaire: «Il y avait quatre ou cinq véhicules autour de la station à ce moment-là». Après l'arrivée de la police à qui ils ont transmis les clichés, le papa et son fils ont quitté les lieux. Quant aux malfrats, dont le nombre n'est pas connu, ils n'ont pas encore été interpellés, malgré le dispositif déployé des deux côtés de la frontière.