Renens (VD)Le slogan «Macron! Démission!» leur vaut la garde à vue
Trois personnes ont été interpellées pour avoir scandé un slogan à charge d’Emmanuel Macron, lors de son passage à la gare de Renens (VD) à la mi-novembre.

Le président français Emmanuel Macron est passé par la gare de Renens (VD), accompagné d’Alain Berset, lors de sa visite en Suisse.
AFP«Macron! Démission!» Jeudi 16 novembre, aux alentours de 14h30, la police cantonale vaudoise a interpellé trois personnes à Renens pour avoir scandé le fameux slogan à charge du président français Emmanuel Macron. Parmi elles, Zakaria Dridi, ancien candidat du POP vaudois au Conseil des États. «Lors du passage d’Emmanuel Macron à 80 mètres des barrières derrière lesquelles nous étions, deux d’entre nous ont été repoussés en arrière par la police. La troisième personne a été prise à partie par un policier particulièrement virulent à son encontre, en lui faisant subir une clef de bras, en le plaquant contre une camionnette, puis en prononçant différentes phrases intimidantes proches de son visage», indiquent-ils dans un communiqué paru lundi. Ces derniers affirment avoir été conduits à la Blécherette et placés en garde à vue.
Les militants dénoncent une réaction disproportionnée de la part des policiers: «une punition policière, un abus de pouvoir et de contrainte.» Selon eux, ils n’ont pas été clairement informés de leur placement en garde à vue. Ils auraient été avertis qu’ils seraient poursuivis pour infraction au «Règlement général de police». Finalement, les autorités auraient annoncé deux jours plus tard que, après analyse, ils ne seraient finalement pas poursuivis. «Tout cela s’est déroulé hors de toute procédure formelle. Jamais nous n’avons été notifiés explicitement d’une arrestation. Jamais nous n’avons été informés de nos droits de contacter un avocat. Ces méthodes nous questionnent dans un état de droit. C’est un processus d’humiliation, pour avoir exercé l’un des plus petits dénominateurs de la liberté d’expression.»
Deux interpellations ont été déposées par le POP au Grand Conseil vaudois concernant cette affaire, ainsi que sur les confrontations entre les autorités et les manifestants anti-Macron à l’Université de Lausanne. Contactée, la police n’a pas encore donné suite à notre requête.