Roman Doduik«J'aurais préféré avoir un look de bad boy»
En tournée avec son spectacle «Adorable», Roman Doduik, humoriste et star des réseaux sociaux, passera par Neuchâtel et Genève pour faire rire son public.

Roman Doduik est conscient que les réseaux sociaux peuvent être dangereux pour les jeunes.
LisaalevyÀ 26 ans, Roman Doduik est une star des réseaux sociaux, avec plus de 4 millions d’abonnés sur TikTok, YouTube et Instagram. On a aussi pu le voir se déhancher dans «Danse avec les stars», sur TF1. Mais c’est à l’âge de 16 ans qu’il a démarré sa carrière en tant qu’humoriste. Il présentera son spectacle «Adorable», les 29 et 30 mars au Théâtre de Colombier, près de Neuchâtel, ainsi que le 12 avril, à l’Uptown Geneva, à Genève.
De quoi parle votre spectacle?
C'est un spectacle intergénérationnel qui a pour but de faire rire tout le monde. Il va faire le lien entre les différentes générations des gens dans la salle, parce que j'ai moi-même le pied dans diverses générations. J'ai bientôt 30 ans, mais je traîne avec des gens de 50 ans! Entre les réseaux sociaux, la télé, j'ai un pied dans pas mal de mondes et je vais donc en parler sur scène.
Pourquoi l'avoir intitulé «Adorable»?
Parce qu'on dit généralement que j'ai une tête adorable. J'aurais préféré avoir un look de bad boy, un mec qu'on respecte un peu. Mais en fait, ce n'est pas le cas et ça me désole (Rire). Je suis donc quelqu'un d'adorable et c'est comme ça.
Vous êtes très actif sur les réseaux sociaux. N'est-ce pas trop envahissant dans votre quotidien?
Oui, c'est très envahissant. C'est comme avoir un animal à la maison qui a toujours faim et qui est insatiable. Un monstre à nourrir en permanence. Cela prend donc de la place et du temps. C'est parfois dur de se rappeler qu'il s'agit d'un monde numérique, presque parallèle, et qu'il ne faut pas prendre tout ce qu'on y voit pour argent comptant. Ce n'est pas évident à trouver un équilibre avec ça.
Pensez-vous que votre génération en est accro?
Oui, complètement! J'en parle dans mon spectacle. J'ai beau venir des réseaux sociaux, je n'en ferai jamais l'apologie parce que j'en connais justement les dangers. Il y a un rêve de percer sur les réseaux dont on est les premières victimes. Il y a une véritable difficulté à y rester célèbre sur le long terme. J'ai beaucoup d'amis, qui, au cours des cinq dernières années, ont connu un grand succès sur les réseaux et aujourd'hui plus personne ne les connaît, parce qu'ils n'ont pas réussi à tenir le rythme, à se renouveler ou ils ont eu un bad buzz. Il y a quelque chose de très volatile dans ce domaine.
Vous attendiez-vous à connaître un tel succès?
Non. J'ai commencé à faire du stand-up en 2014 jusqu'en 2020 et le succès est surtout arrivé sur les réseaux sociaux. Je ne m'y attendais pas du tout, car je pensais que j'allais plutôt avoir du succès sur scène. Les réseaux ont été un tremplin pour faire marcher le reste.
Comment le vivez-vous?
C'est très agréable parce que j'ai la chance de faire le métier que je rêvais de faire depuis toujours. Quand je vois que les salles de ma tournée se remplissent, c'est quelque chose de dingue. C'est super de pouvoir toucher les gens, de savoir qu'ils se sentent mieux après avoir vu mes spectacles ou mes vidéos. Je reçois parfois des messages de personnes qui me disent qu'ils ont pu aborder des sujets avec leur famille et qu'ils vont mieux grâce à ça. C'est une chance énorme d'avoir un tel impact sur les gens.
Vous assumez pleinement votre bisexualité. Est-ce une façon pour vous de faire évoluer les mentalités?
J'avais l'impression que les mentalités avaient évolué à ce sujet, mais je remarque en fait que ça se dégrade un peu. Il y a encore du boulot. Si je fais un sketch avec deux mecs qui sont ensemble, je perds 1000 abonnés. Ce n'est pas grave, je m'en fous de ces 1000 abonnés. Je ne veux pas d'eux. Qu'ils se barrent si c'est ça qui les choque. Mais je n'en reviens pas qu'en 2025 on en soit encore là.