Séisme en Birmanie: à Mandalay, la peur des répliques

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Séisme en Asie«On n’ose pas rentrer»: le calvaire des Birmans coincés dehors

Des centaines d’habitants traumatisés par le puissant séisme n’osent pas regagner leurs maisons, craignant des effondrements.

Un immeuble à Mandalay.
Après une nuit affalée sur des panneaux de carton sous des bâches en plastique installées à la hâte, des centaines d'habitants de Mandalay se sont levés pour une nouvelle journée de reconstruction. Ils demandent quand ils pourront retrouver un abri permanent en toute sécurité.
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Un immeuble à Mandalay.

AFP

Après une nouvelle nuit sous une tente ou sous des bâches dressées à la hâte, des centaines d’habitants de Mandalay attendent, la boule au ventre, de pouvoir rentrer chez eux, après le puissant séisme qui a endommagé la ville dans des proportions considérables.

«On n’ose pas rentrer chez nous, parce qu’on craint qu’un bâtiment du voisinage ne s’écroule sur nous», explique Hlaing Hlaing Hmwe, 57 ans. Les répliques ressenties depuis vendredi maintiennent les habitants dans un état de stress permanent. Le séisme a tué plus de 2000 personnes à travers le pays, mais l’ampleur du bilan serait encore sous-estimée, selon les experts.

«On ne se sent pas en sécurité si on dort chez nous»

Certains préfèrent s’éloigner des structures en dur, bien que la chaleur, encore attendue autour de 40 degrés, mardi, les invite à rester abrités. «Les enfants veulent rentrer parce qu’il fait chaud», détaille Hlaing Hlaing Hmwe, qui admet ne plus pouvoir endurer cette situation plus longtemps.

Mais des monastères, traditionnels refuges pour la population bouddhiste en cas de catastrophe, n’ont pas échappé aux destructions. «Il y en a un autre où on peut aller», affirme cette grand-mère. Soe Tit habite près de bâtiments de six à sept étages, qui ont penché sous l’effet des secousses, décrit cet horloger de 71 ans.

«On ne se sent pas en sécurité si on dort chez nous», explique-t-il, confessant que le séisme, le plus violent jamais enregistré en Birmanie en plusieurs décennies, continuait de le hanter: «Je pense même que mon propre cœur bat comme un tremblement de terre.»

Manque d'accès aux besoins primaires

À l’extérieur, le manque d’accès à l’eau, à l’électricité et aux toilettes compliquent la survie de sa famille. «Personne ne sait combien de temps ça va durer», concède-t-il. «Ça fait environ cinq jours, et ce n’est toujours pas stable.»

Dans la pagode U Hla Thein, où une partie d’un bâtiment abritant des dizaines de moines en train de passer un examen s’est écroulée vendredi, des secours s’attendent à ressortir de nombreux corps sans vie dans les prochaines jours. «Il ne peut pas y avoir de survivant», admet un responsable des pompiers birmans.

Deuil national

L’odeur des corps en décomposition est «très forte», explique un secouriste indien, qui fait partie de l’effort international de soutien à la Birmanie. Sur une table à l’extérieur du site sinistré, au moins 60 sacs de livres sont empilés, contenant notamment des manuels scolaires, des cahiers et des passeports, qui appartiennent aux disparus.

La junte a décrété, lundi, une semaine de deuil national en signe de «compassion» aux nombreuses victimes.

(afp/mg)

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