Sexisme ordinaireLe «Monsieur le député» généralisé agace une élue
Un courriel électronique adressé à «Monsieur Maret» a été la goutte de trop pour Marianne Maret. La conseillère aux États déplore qu’aujourd’hui encore le masculin l’emporte sur le féminin.

La députée a fait savoir dans un tweet son mécontentement quant à l’utilisation systématique du «Monsieur».
20min/Matthias SpicherToute l’histoire est partie d’une newsletter Coop. En lisant ses mails mardi matin avant sa séance à Berne, la conseillère aux États valaisanne Marianne Maret n’a su rester de marbre lorsqu’elle a lu en police capitale «Monsieur le député au Conseil des États Maret». Et la première femme représentante du Canton du Valais l’a fait savoir publiquement dans un tweet: «Rien ne change, on continue à partir de l’hypothèse qu’il n’y a que des hommes en politique. Désolée, je ne peux pas m’y faire!» a-t-elle écrit à chaud.
Contactée, la députée du Centre ajoute: «Ça fait des années que je reçois régulièrement du courriel adressé à «Monsieur» Maret. Quand il s’agit de petites entreprises, je peux pardonner… mais de grands groupes comme Coop, avec tous les moyens en marketing et lobbying (!) qu’ils possèdent, c’est étonnant», regrette-t-elle. Et de poursuivre: «Il y a des femmes présentes en politique depuis longtemps maintenant. C’est une question de respect que de les considérer.»
À l’avenir, le cas ne devrait pas se reproduire pour Mme Maret. «Il s’agissait bien entendu d’une erreur honnête, qui a été immédiatement corrigée, précise Rebecca Veiga, porte-parole chez Coop. Il va de soi que nous nous adressons aux destinataires de la newsletter en utilisant la formule de politesse correcte.»
Habituée des bourdes
Le géant de l’agroalimentaire n’en est pas à sa première faute de frappe. En 2017, une traduction rigolote se glissait dans le packaging de petits pains vendus au profit de la Croix-Rouge: «Pour chaque bonne femme vendue, Coop fait un don de 10 centimes.» Si l’erreur peut faire sourire, d’autres font rire jaune. Début août, une affiche assurait que la coopérative ne traite «absolument pas» ses produits bios. Or le label bio ne bannit pas les traitements, il prescrit seulement l’utilisation de produits jugés moins nocifs.