SuisseLa fronde s'organise déjà contre le possible retour du nucléaire
Tant les Verts, que le PS et les Vert'libéraux sont vent debout contre tout retour de l'atome en Suisse. Ils brandissent déjà la menace d'un référendum.

Les partis et associations écologistes sont verts de rage après l'annonce d'une possible levée de l'interdiction de toute construction de centrales nucléaires.
AFPLes réactions outrées des partis écologistes et du PS ne se sont pas fait attendre après l'intention du Conseil fédéral de lever l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires, pourtant votée par le peuple en 2017.
Pour les Verts, il est exclu de revenir à l’ère nucléaire: «Le tournant énergétique se réalise à partir de technologies renouvelables, telles que le solaire, et en améliorant l’efficience. Deux approches meilleur marché et plus sûres que le nucléaire», critique le parti. «Totalement obsolète», la décision de Berne est également un «non-sens économique», selon eux. «Personne n’en veut, pas même les fournisseurs suisses d’électricité. Par conséquent, l’idée d’en subventionner la construction non seulement coûte cher, mais relève du chantage idéologique».
Référendum dans l'air
Et d'annoncer la couleur: «La population suisse s’est clairement prononcée en faveur de la sortie du nucléaire en 2017: une décision que même le Conseil fédéral doit respecter. Les Verts lanceront un référendum face à son contre-projet», prévient le conseiller national valaisan Christophe Clivaz.
Même son de cloche du côté du parti socialiste. Il s’oppose «fermement à ce retour en arrière irresponsable qui bloque le développement des énergies renouvelables. De nouvelles centrales nucléaires arriveraient trop tard, seraient extrêmement coûteuses, représenteraient un grand risque pour la sécurité, laisseraient des déchets radioactifs et nous rendraient dépendants de l’étranger», estime le conseiller national socialiste vaudois Roger Nordmann.
«Le Conseil fédéral ignore la décision populaire», protestent également les Vert'libéraux. Ils s'opposeront au projet de Berne «à l’aide de toutes les voies juridiques possibles». «L'ère des rêves nucléaires est révolue. Le réchauffement climatique est une réalité depuis longtemps. Nous devons maintenant accélérer la sortie des énergies fossiles et développer les énergies renouvelables», résume ainsi le conseiller national Martin Bäumle. Les Jeunes Verts demandent également que la sortie du nucléaire soit engagée «dès maintenant».
L'usam satisfaite
Dans ce cortège de critiques, on trouve quand même des heureux. A savoir l'Union suisse des arts et métiers (usam) qui salue la décision d'Albert Rösti. «Il est fondamental que l’économie puisse compter sur un approvisionnement énergétique à long terme, sûr et économique. La politique énergétique actuelle ne prend pas suffisamment en compte ces deux objectifs», estime-t-elle.« L'interdiction actuelle de la construction de nouvelles centrales n'est pas compatible avec l'objectif d'ouverture technologique et comporte également des risques pour le démantèlement des centrales existantes.»
L'Alliance «Sortir du nucléaire» menace aussi
Les 31 organisations de l'Alliance «Sortir du nucléaire» exigent aussi du Conseil fédéral et du Parlement qu'ils respectent la volonté du peuple au lieu de «saboter le tournant énergétique». «Si la loi sur l'électricité, acceptée en juin, est appliquée correctement, toutes les centrales nucléaires suisses pourraient être remplacées par des énergies renouvelables dès 2035», rappellent-elles en envisageant également un référendum. Même son de cloche de la part de Fondation suisse de l'énergie SES qui souligne que les nouvelles centrales nucléaires sont «trop chères et dangereuses». Pour Greenpeace,« le Conseil fédéral fait fausse route: le nucléaire n’a pas d’avenir». Pour l'ONG, «cette décision va faire perdre du temps et de l’argent à la Suisse sans faire émerger un modèle d'approvisionnement indépendant et cohérent avec les objectifs climatiques de l’Accord de Paris».