SuisseLes Verts veulent instaurer le «top sharing» au Conseil fédéral
Afin de rendre la charge de conseiller fédéral plus compatible avec la vie de famille, les Verts souhaitent qu'elle puisse désormais être partagée.

Deux conseillers fédéraux assis sur un même siège sous la Coupole, à Berne? Les Verts sont pour.
20min/Matthias SpicherLe récent remplacement de la conseillère démissionnaire Viola Amherd l’a mis en évidence: la charge de travail d’un conseiller fédéral n’est pas compatible avec la famille. Pour preuve, de nombreux candidats potentiels ont refusé de se présenter à l’élection précisément pour cette raison. Face à ce constat, les Verts demandent aujourd’hui que la fonction puisse être répartie sous forme de «top sharing», soit le partage d'un poste à responsabilités à temps partiel entre deux personnes.
L’objectif est qu’à l’avenir, l’Exécutif fédéral soit «plus jeune, plus flexible et plus favorable aux familles». Les Verts soulignent en effet que les conseillers fédéraux actuels ont tous entre 57 et 65 ans. Ils estiment dès lors que la tranche d'âge proche de la retraite est «nettement surreprésentée», tandis que les points de vue jeunes font défaut. La cheffe de groupe Aline Trede ajoute qu’il serait également possible de diviser certains départements et augmenter à 9 le nombre de sièges au Conseil fédéral. La conseillère nationale bernoise vise notamment le Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication, qu’elle juge «énorme».
Davantage de soutien pour un élargissement
La proposition est soutenue par Nina Schläfli (PS/TG): «Je partage fondamentalement cette demande. Le "top sharing" est une idée, l'élargissement du Conseil fédéral en serait une deuxième.» La conseillère nationale rappelle aussi que la problématique est semblable dans les Exécutifs cantonaux. Au Centre, Giorgio Fonio (TI) ne veut pas de "top sharing", car «les institutions doivent rester capables d'agir rapidement». En cas de charge de travail trop importante, il estime que la solution réside dans la création de davantage de postes de secrétaires d'État ou l'augmentation du nombre de conseillers fédéraux.
À droite, l'intervention a suscité des hochements de tête. «Un partage de poste au Conseil fédéral créerait plus de problèmes qu'il n'en résoudrait, déclare Christoph Riner (UDC/AG). J'imagine déjà l'énorme travail supplémentaire en termes de communication et de prise de décision». Et Christian Wasserfallen (PLR/BE) d’ajouter: «Le partage de poste dilue la responsabilité et l'appui politique».