SuisseRenvois: un élu UDC veut légaliser la médication forcée
Le conseiller national Benjamin Fischer propose d'autoriser les sédatifs pour calmer les personnes expulsées de force. Berne et Amnesty International s’y opposent.

Pour l'heure, la Suisse n'autorise pas la médication forcée des migrants pour les calmer, lors des renvois (photo prétexte).
PixabayUn parlementaire UDC veut faire évoluer la loi sur les renvois forcés. Benjamin Fischer, conseiller national zurichois, a déposé une initiative pour permettre l’usage légal de tranquillisants lors des expulsions. Selon lui, ces médicaments représentent une méthode «efficace et simple» pour éviter que des personnes ne résistent physiquement à leur renvoi.
En 2024, environ 7200 personnes ont été expulsées, dont deux tiers contre leur gré. Mais, actuellement, une sédation forcée n’est permise qu’en cas d’indication médicale. Benjamin Fischer affirme cependant que des cas de tranquillisants administrés illégalement ont déjà eu lieu. En 2013, la Commission contre la torture avait notamment signalé quatre cas d’injections non consenties et d’autres situations similaires auraient émergé depuis.
Le Secrétariat d’État aux migrations dément toutefois et estime que ces pratiques ne sont pas justifiées. Son porte-parole, Reto Kormann, rappelle que les moyens prévus par la loi, comme les menottes, suffisent. «Aucun vol n’a dû être annulé, ces dernières années, en raison d’un comportement agité», ajoute-t-il. De son côté, Amnesty International juge l’initiative «problématique», car elle pourrait mener à un usage abusif de médicaments à des fins de contrôle, ce qui est contraire à la Convention européenne des droits de l’homme.