Vernier (GE)Tensions au foyer pour requérants des Tattes
Des dizaines de personnes se sont mobilisées, lundi, pour empêcher des requérants jusqu'à ici hébergés à Vernier d'être transférés dans un abri PC.

Vers 18h45 ce lundi, requérants et militants se dirigeaient vers le centre-ville pour manifester.
Le foyer des Tattes, qui abrite des requérants d'asile, a vécu un après-midi de tensions. Depuis vendredi, l'Hospice général a décidé de faire déménager dans des abris PC en sous-sol des pensionnaires masculins et célibataires. L'objectif est de dégager de la place à Vernier pour accueillir des familles. Ce lundi, certains requérants, notamment soutenus par les militants de SolidaritéS et du collectif Stop bunkers, ont manifesté dans la cour centrale des Tattes.
Au total, une soixantaine de personnes ont protesté. La police est intervenue pour les faire quitter l'enceinte du foyer, leur permettant de se réunir sur un terrain attenant pour diverses prises de parole. Selon Pablo Cruchon, permanent de SolidaritéS, l'intervention des forces de l'ordre a généré «quelques bousculades, mais sans heurts particuliers».
Selon Jean-Philippe Brandt, porte-parole de la police, les requérants d'asile déplacés le sont dans les abris PC de la Gabelle, à Carouge, d'Annevelle, à Lancy, et de Châtelaine, à Vernier. D'après ses calculs, dix hommes ont été déplacés vendredi, et treize autres devaient l'être ce lundi. «Douze l'ont été, le treizième a fait appel au collectif», relate-t-il. Il affirme par ailleurs que «jamais la police n'a fait usage de la force pour les faire déménager».
Les militants de Stop bunkers, pour leur part, qualifient les conditions d'hébergement dans ces abris souterrains «d'infrahumaines». D'après Giulia Willig, membre du collectif Solidarité Tattes, les autorités avaient menacé d'emmener des requérants de force s'ils s'opposaient à leur transfert, mais cet avertissement n'a pas été suivi d'effets. Pablo Cruchon précise que certains requérants ont refusé d'intégrer les abris souterrains. N'ayant pas le droit de retourner aux Tattes, ils dorment depuis dans la rue.
La semaine dernière, l'Hospice général, qui s'occupe à Genève des requérants d'asile, avait annoncé ouvrir deux nouveaux abris de protection civile, à Carouge et à Thônex, pour faire face à la hausse des arrivées de migrants en Suisse. Ces abris doivent en principe accueillir des hommes seuls à qui l'asile a été refusé.
Les structures d'hébergement de l'Hospice général sont actuellement saturées et l'augmentation du nombre de migrants, provenant notamment d'Afrique du Nord, aggrave le problème.
L'institution est consciente que les abris PC ne sont pas une solution satisfaisante. Elle affirme ne pas ménager ses efforts pour trouver d'autres lieux pour accueillir les requérants d'asile.
Aux alentours de 18h45, un cortège de manifestants se dirigeait vers le centre-ville. Sur leur banderole était inscrit «No prison for migrants, no deportation».
(jcu/jef/ats)