Voguer jusqu’à son travail sans émissions

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TransportVoguer jusqu’à son travail sans émissions

Avec ses hydroptères rapides et silencieux, la start-up valaisanne Mobyfly propose une nouvelle génération de ferries. Ces derniers sortiront des chaînes de production début 2026.

Est-ce le ferry du futur? Le bateau suisse Mobyfly semble en tout cas flotter vers le succès.
Sue Putallaz, directrice et cofondatrice de la start-up valaisanne Mobyfly, nourrit de grandes ambitions.
Les «ailes» du bateau Mobyfly peuvent se relever latéralement, et ainsi lui permettre d’accoster dans des eaux peu profondes.
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Est-ce le ferry du futur? Le bateau suisse Mobyfly semble en tout cas flotter vers le succès.

Mobyfly

Un bateau qui file à plus de 70 km/h au-dessus de la surface de l’eau comme s’il volait. À son bord, jusqu’à 350 passagers transportés d’un point A à un point B à la vitesse de l’éclair. Cela ressemble à une douce musique d’avenir? Pas tant que cela. Les développements de la start-up valaisanne Mobyfly rendent ce futur extrêmement tangible. Leur prototype d’une vingtaine de places survole déjà le lac Léman depuis fin 2022.

Une révolution de l’univers des ferries à l’échelle mondiale

Le secret de ces hydroptères? «Une propulsion électrique, des ailes dynamiques et un logiciel», explique Sue Putallaz, directrice et cofondatrice de l’entreprise valaisanne dont le siège se trouve au Bouveret, sur les bords du lac Léman. Certains des voiliers de course les plus rapides au monde glissent sur le sommet des vagues avec la même technologie. «Tous ceux qui naviguent avec notre prototype sont complètement ébahis par la douceur de la navigation», constate Sue Putallaz, qui collabore avec Anders Bringdal, ancien champion du monde suédois de planche à voile, et Ricardo Bencatel, ingénieur, sur un hydroptère qui devrait révolutionner l’univers des ferries à l’échelle mondiale. «Notre objectif est d’agir concrètement contre les émissions de CO2 produites à travers le monde et de proposer une alternative durable pour les trajets en ferry jusqu’à 100 kilomètres», poursuit-elle.

Un vrai marché, puisqu’il y aurait au moins autant de transports par voie fluviale que par voie aérienne, soit 2,2 milliards de passagers par an. «Il y a toutefois une énorme différence: la technologie nécessaire pour le transport fluvial est déjà disponible», note Sue Putallaz.

Une combinaison qui fonctionne

Selon elle, cette technologie prend donc la forme d’hydroptères à batterie qui, suivant la houle, s’élèvent plus ou moins hors de l’eau et peuvent ainsi atteindre les vitesses élevées mentionnées. «Les hydroptères existent depuis longtemps, tout comme les moteurs électriques, explique-t-elle. Rien de nouveau, en l’occurrence. En revanche, ce qui rend nos bateaux spéciaux, c’est la combinaison des deux à grande vitesse et quelle que soit la houle.» La start-up effectue aussi régulièrement des tests en pleine mer, au large des côtes portugaises, où la production en série devrait bientôt démarrer.

Après avoir quitté la zone côtière, dont la largeur est de 300 mètres, le bateau peut accélérer et s’élever hors de l’eau grâce à ses «hydrofoils». La consommation d’énergie est ainsi réduite de manière drastique. Elle ne représente alors qu’un petit cinquième de ce qui serait nécessaire à un bateau normal. L’efficacité énergétique est difficilement égalable, d’après Sue Putallaz. À cela s’ajoutent d’autres avantages: aucune pollution aquatique, pas de formation de vagues et pas de bruit.

Les premières commandes ont été passées

Les premiers bateaux ont été commandés. Ils devraient être livrés début 2026 et servir principalement de navettes rapides entre de petites îles. Mais le trafic de passagers sur le lac Léman, sur le lac de Zurich, sur le fleuve Yodo, à Osaka, ou encore sur la rivière Sumida, à Tokyo, pourrait un jour être assuré par des bateaux suisses. «Nous proposons également un modèle XL pouvant accueillir jusqu’à 350 passagers», conclut Sue Putallaz.

Plus d'informations sur www.mobyfly.ch.com.

Aurons-nous bientôt des hydroptères électriques sur les lacs suisses?

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