Un collectif citoyen lance un appel pour la laïcité

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GenèveUn collectif citoyen lance un appel pour la laïcité

Plusieurs personnalités de droite comme de gauche, politiciens ou pas, soutiennent la loi sur la laïcité attaquée par des référendums.

Jérôme Faas
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Jérôme Faas

Keystone/urs Flueeler

Opposants et tenants de la nouvelle loi sur la laïcité de l'Etat, votée en avril par le Parlement, fourbissent leurs armes. Mi-mai, quatre comités constitués de membres de partis de gauche (principalement d'Ensemble à Gauche) et d'associations lançaient quatre référendums contre ce texte. Ce mardi, un collectif de personnalités de tous bords politiques ripostait via un appel intitulé «Pour une laïcité garante de la paix et de nos libertés». Son objectif: soutenir la loi et combattre les référendums «car si par malheur ils aboutissaient, nous nous trouverions dans un vide juridique évidemment exploité par les parties les plus intégristes de notre société.»

Mireille Vallette signataire de l'appel

La phrase est de Pierre Gauthier, ex-député du parti radical de gauche et initiateur de l'appel. Il a pour l'heure été signé par une trentaine d'individualités, dont l'ancienne députée de La Gauche Magali Orsini, Natacha Buffet-Desfayes, députée suppléante PLR, Jean Romain, président du Grand Conseil PLR, l'ex-président du PDC Sébastien Desfayes ou encore la députée d'Ensemble à Gauche Salika Wenger. Toutes ces personnalités se présentent en tant que citoyens, n'affichant pas, pour le coup, leurs couleurs politiques et mettant en avant leur profession. L'essayiste Mireille Vallette, farouche opposante à l'islamisation de la société et présidente de l'Association Suisse Vigilance Islam, fait partie des signataires, parmi lesquels se trouvent également des gens dépourvus de toute notoriété.

Ce mardi, ce collectif a rappelé pour quelles raisons il soutenait une loi que certains jugent imparfaite, mais qui «éloigne le danger intégriste, assure la sérénité de l'enseignement, renforce la neutralité de l'administration, limite l'usage abusif du domaine public par des organisations prosélytes ou sectaires».

«Se faire traiter de liberticide n'est plus tolérable»

Magali Orsini souligne ainsi que le plus important, à ses yeux, est l'interdiction des signes religieux ostentatoires pour les élus et les fonctionnaires. Elle s'offusque ainsi que le voile ne soit destiné qu'aux femmes. «Le conseiller d'Etat Mauro Poggia, notoirement musulman, a exercé son mandat en s'habillant normalement. Il n'y a qu'aux femmes qu'on demande de se voiler.» «Porter un voile, c'est clairement discriminatoire et anti-féministe», rebondit Fabienne Alfandari, coach. «Se faire traiter de liberticide, d'islamophobe et d'antiféministe quand on s'oppose au port ostentatoire de signes religieux, ce n'est plus tolérable», renchérit Natacha Buffet-Desfayes. Et Pierre Gauthier d'achever. «On ne peut pas dire "nous sommes pour la liberté" tout en promouvant l'esclavage. Ce n'est pas possible.»

Selon lui, le collectif créé pour la circonstance n'a pas vocation à perdurer après la votation. «Cet appel est juste un appel. Nous en appelons à la conscience des gens. Il vaut mieux une loi qu'un vide juridique.»

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