Environnement – Vers un retour en grâce du nucléaire en Suisse?

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EnvironnementVers un retour en grâce du nucléaire en Suisse?

Le projet européen de déclarer le nucléaire comme «énergie verte» favorable au climat pourrait relancer l’atome dans notre pays.

La centrale nucléaire de Leibstadt, en Argovie.

La centrale nucléaire de Leibstadt, en Argovie.

Tamedia AG/Thomas Egli

La Commission européenne a dévoilé le 1er janvier un projet de labellisation verte pour les centrales nucléaires et à gaz. En clair, Bruxelles souhaite classer le gaz et l’atome parmi les formes d’énergies respectueuses du climat.

Le document fixe ainsi les critères permettant de classer comme «durables» les investissements dans les centrales nucléaires ou à gaz pour produire de l’électricité. But: lutter contre le changement climatique.

La France, qui veut relancer sa filière nucléaire, ainsi que des pays d’Europe centrale réclamaient ce texte, au grand dam de l’Autriche et de l’Allemagne qui s’y sont opposées.

Le nucléaire est de loin la solution la plus efficace et la plus respectueuse du climat pour couvrir les besoins croissants en énergie

Christian Imark, conseiller national (UDC/SO)

Du coup, la décision européenne pourrait-elle remettre en question la décision prise par la Suisse en 2011 de sortir du nucléaire après l’accident de Fukushima?

Du côté de l’UDC, seul parti ouvertement opposé en Suisse à la fermeture des centrales, on y croit. «Beaucoup réalisent que la politique énergétique de la Confédération est totalement irréaliste», estime ainsi le conseiller national UDC Christian Imark. «Le nucléaire est de loin la solution la plus efficace et la plus respectueuse du climat pour couvrir les besoins croissants en énergie. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin de nouvelles centrales», réclame-t-il dans 20 Minuten. Le Soleurois espère du coup que le projet de l’UE réduira la «résistance instrumentalisée» contre le nucléaire en Suisse.

Pénurie de l’électricité sans l’atome?

Du côté du PLR, le conseiller national bernois Christian Wasserfallen affirme lui aussi que de plus en plus de gens réalisent que l’atome est une «source d’énergie importante, sûre et respectueuse du climat». En outre, il relève que l’arrêt des centrales aujourd’hui serait catastrophique.

En effet, selon l’Office fédéral de l’énergie, dans 13 ans, la Suisse manquerait de 40% de l’électricité dont elle a besoin, surtout en hiver. «Compte tenu de la longueur des processus politiques et des procédures d’autorisation, nous sommes déjà bien en retard», estime-t-il.

Raison pour laquelle le Bernois prône d’investir dans les centrales afin de prolonger leur durée de vie. Il demande aussi que l’interdiction de construire de nouvelles centrales soit levée afin de résoudre le problème énergétique à long terme.

Christian Wasserfallen espère enfin lui aussi que le projet de Bruxelles conduira à un soutien politique et social plus large du nucléaire en Suisse. «Aujourd’hui déjà, par rapport à 2011, moins de politiciens sont critiques envers l’atome», déclare-t-il.

Risque d’accident nucléaire augmenté

Ce constat, le conseiller national Vert Bastien Girod le fait aussi. Et il est inquiet. Il redoute en effet que le soutien du Parlement en faveur des énergies renouvelables ne s’effrite. «Les centrales nucléaires sont peut-être respectueuses du climat, mais elles représentent un danger pour l’environnement et la santé», rappelle-t-il.

Un accident nucléaire rendrait une grande partie de la Suisse inhabitable»

Bastien Girod, conseiller national (Les Verts/ZH)

En outre, faire fonctionner les centrales plus longtemps aurait pour conséquence d’augmenter le risque d’accident. «Il est à craindre que l’on ferme de plus en plus les yeux sur la sécurité de nos très vieilles centrales», estime-t-il. «Or un accident nucléaire rendrait une grande partie de la Suisse inhabitable», insiste-t-il.

Initiative en vue en faveur de l’atome

(cht)

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