Vols privés en jet militaireLa nouvelle offre d'une société suisse agite les écolos italiens
Pour autant qu'on y mette le prix, on devrait bientôt pouvoir survoler les Dolomites avec un avion de chasse. Légale, l'activité n'en est pas moins critiquée.

L'appareil choisi peut atteindre un pic de 750 km/h.
MigFlugAdmirer les Dolomites à bord d'un jet militaire: c’est ce que compte proposer très bientôt la société zurichoise MiGFlug. À mi-chemin entre les sensations fortes et la contemplation, l'expérience se veut unique. Et pour cause: l'appareil utilisé est un L-39 Albatros, un avion de chasse prisé pour l’entraînement des militaires, surtout dans l'ancien bloc de l'Est. Les départs se feraient à Trento (I) à la fin du mois, pour autant que toutes les autorisations soient délivrées.
L’aventure ne s’adresse pas à tout le monde: il faudra débourser 4500 euros pour 30 minutes de vol ou 6350 euros pour 45 minutes, précise «Le Corriere del Trentino». Et ceux qui souhaitent repartir avec un souvenir vidéo devront encore en ajouter 250. Des pilotes professionnels sont aux commandes de l'engin, qui est capable d’atteindre les 750 km/h et 11'500 mètres d'altitude.
Déjà active en Suisse
La société opère déjà ailleurs en Europe et aux États-Unis. En Suisse, elle propose des survols des Alpes, avec des L-39 Albatros également, au départ de l'aéroport de Sion depuis environ quinze ans, sans soulever de vagues, contrairement à l'héliski par exemple.
Chez nos voisins en revanche, l’initiative fait du bruit, notamment en raison de son impact environnemental. L’appareil consomme tout de même 380 litres de kérosène par heure et rejette près d’une tonne de CO₂ dans l’atmosphère à chaque vol. Un bilan carbone conséquent, dans une région déjà soumise à une forte fréquentation touristique.
«Nous devons nous interroger sur le type de tourisme que nous voulons», estime Cristian Ferrari, président de la Società Alpinisti Tridentini (SAT). Selon lui, la montagne mérite d’être valorisée d’une autre manière que par des vols en jet militaire. De son côté, la société est peu bavarde dans le débat environnemental et réagit rarement aux critiques. L’un des pilotes impliqués estime auprès de nos confrères que l'expérience va bien au-delà de simples vols touristiques.
Un cadre réglementaire strict
Les vols civils en jet militaire ne sont pas interdits mais ne se font pas non plus à la bonne franquette. Les appareils doivent être immatriculés et homologués pour le vol civil de chaque pays où ils opèrent. Les pilotes sont des professionnels, souvent d'anciens militaires, aux licences à jour. Les vols ne sont possibles que si la société dispose d'un accord d'exploitation avec l'aéroport duquel décollent les appareils. Les restrictions d'altitude et d'espaces aériens doivent en outre être respectées.