MaliLes accès de Tombouctou sous contrôle
Des soldats français et maliens contrôlaient lundi matin les accès et l'aéroport de Tombouctou (Mali) à l'issue d'une opération terrestre et aérienne menée dans la nuit.
Les forces françaises et africaines contrôlent désormais la «Boucle du Niger» entre les deux bastions islamistes de Tombouctou (900 km au nord-est de Bamako) et Gao (1.200 km au nord-est de la capitale malienne), a annoncé à l'AFP le porte-parole de l'état-major des armées à Paris, le colonel Thierry Burkhard. Ce contrôle a été réalisé en 48 heures, a souligné le porte-parole de l'Etat major.
Un officier supérieur de l'armée malienne a confirmé que l'aéroport de Tombouctou était passé lundi sous le contrôle des soldats français et maliens qui n'ont rencontré «aucune résistance» des islamistes.
«Nous contrôlons l'aéroport de Tombouctou. Nous n'avons rencontré aucune résistance. Il n'y a aucun problème de sécurité en ville», a ajouté cette source.
Appui aérien
La manoeuvre conjointe des forces françaises de l'opération Serval et des forces maliennes s'est déroulée avec un appui de patrouilles d'avions de chasse français, a précisé le colonel Burkhard, à propos de la prise de contrôle de la Boucle du Niger.
Le groupement tactique interarmes (GTIA) 21, venant de l'axe Diabali-Néré- Goundam, a saisi l'aéroport de Tombouctou. Dans le même temps, un largage de parachutistes avait pour objet de bloquer les «exfiltrations ennemies» tandis qu'un groupement aéromobile (hélicoptères) était engagé en appui de ces deux forces, selon la même source.
Samedi, le bastion islamiste de Gao, à 1200 km au nord-est de Bamako, était tombé au cours d'une opération spectaculaire de l'armée française, des membres des forces spéciales bénéficiant d'un appui aérien s'emparant d'abord de l'aéroport et d'un pont stratégique.
L'Italie renonce à envoyer des avions
L'Italie a finalement renoncé à envoyer trois avions au Mali en soutien logistique à l'opération en cours pour une durée de deux à trois mois, en raison de l'absence d'un accord des principaux partis, a indiqué lundi le chef du gouvernement Mario Monti.
«Etant donné que le gouvernement est démissionnaire, j'ai demandé aux secrétaires des trois partis de la majorité de se prononcer sur ce sujet mais nous n'avons pas reçu un soutien permettant d'espérer obtenir une décision du Parlement» positive, a dit M. Monti lors d'une émission à la télévision La7.
Le Parlement italien est dissous en vue des législatives des 24 et 25 février mais la Chambre des députés italienne a voté il y a six jours à la demande du gouvernement un «ordre du jour». Ce texte, qui n'est pas juridiquement contraignant, autorise le gouvernement à envoyer «trois appareils pour le soutien logistique au transport de personnels et d'équipements au Mali».
Soutien diplomatique
Le chef de la diplomatie italienne Giulio Terzi a souligné «le fort soutien» sur le plan diplomatique à l'opération française au Mali, regrettant que «les conditions de politique intérieure» ne permettent pas également un soutien logistique.
Il n'était pas clair dans l'immédiat si les propos de M. Monti visaient uniquement les trois avions ou également un groupe de 15 à 24 instructeurs italiens dans le cadre de la mission européenne de formation de l'armée malienne.
Lapo Pistelli, responsable pour la politique étrangère du Parti démocrate (PD, gauche), une des trois formations qui soutenait le gouvernement de Mario Monti, a demandé à ce dernier de «clarifier» ses propos, rappelant le soutien «prudent mais net» de son parti concernant l'envoi de trois avions. (afp)
Un bâtiment rempli de manuscrits brûlé par les islamistes
Un bâtiment abritant des manuscrits anciens a été incendié dans la cité mythique de Tombouctou, dans le nord du Mali, par des islamistes fuyant la ville aux portes de laquelle se trouvent soldats français et maliens, a appris lundi l'AFP de sources concordantes.
«Un bâtiment abritant les manuscrits a été brulé», a déclaré à l'AFP une source malienne de sécurité, dont le témoignage a été confirmé par un élément de reconnaissance de l'armée malienne présent dans la ville, ainsi que par le maire de Tombouctou qui se trouvait à Bamako.