Antennes 5G: Hodgers a induit les élus en erreur

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GenèveAntennes 5G: Hodgers a induit les élus en erreur

Le magistrat a indiqué ne pas avoir reçu de demandes pour des installations. Or, certaines sont déjà prêtes à émettre.

Maria Pineiro
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Maria Pineiro
Antonio Hodgers, conseiller d'Etat Vert chargé du Département du territoire.

Antonio Hodgers, conseiller d'Etat Vert chargé du Département du territoire.

Keystone/Martial Trezzini

«Je n'ai pas encore de demandes sur mon bureau pour des antennes 5G», a déclaré Antonio Hodgers, conseiller d'Etat Vert chargé du département du Territoire (DT), jeudi au Grand Conseil, peu avant l'acceptation d'un moratoire sur la 5G. Une affirmation en contradiction avec l'enthousiasme des opérateurs qui se disent prêts à déployer la technologie dans certaines localités. Parmi les lieux cités, Meyrin, Chancy ou Avusy.

Les fournisseurs de téléphonie rechignent toutefois à préciser le détail des équipements. Sunrise «ne divulgue pas les chiffres pour des raisons de concurrence». Idem pour Swisscom qui confirme tout de même avoir des sites 5G à Genève. Salt reste discret.

Interpellé sur cette divergence, le DT nuance: «Les services traitent les demandes courantes. Le magistrat n'est saisi que si un arbitrage est nécessaire.» Antonio Hodgers aurait donc ignoré que «quelques autorisations compatibles avec la 5G ont été délivrées et quelques dossiers sont en cours d'instruction». Le DT précise que les opérateurs ne sont pas tenus de spécifier la technologie dans les demandes. Des antennes seront mises à niveau, d'autres construites. «Aujourd'hui, certains sites existants peuvent être utilisés pour tester la technologie 5G», dit le DT.

Le député PDC Bertrand Buchs, auteur de la motion pour le moratoire, doute que le magistrat n'ait pas été au courant. «Il doit maintenant empoigner toutes les demandes et ne pas s'asseoir sur la volonté des élus.»

Les opérateurs ont largement anticipé

La préparation au passage à la technologie 5G remonte à bien plus loin que les inquiétudes de la société civile et leur relais politique. Xavier Studer, auteur du blog éponyme, s'étonne du décalage. «Cela fait bien quatre ou cinq ans que la question est abordée dans les salons spécialisés.» Selon lui, l'excitation actuelle est un peu artificielle. Plutôt que de s'inquiéter des antennes, il faudrait se préoccuper de la distance entre soi et son téléphone, estime le spécialiste.

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