FranceLa finale de la CAN a fait une victime à Rouen
Un doctorant guinéen, fan des Lions du Sénégal, a perdu la vie samedi à la suite d'une altercation avec un supporter maghrébin vendredi soir, peu avant la finale Sénégal-Algérie.

Un Guinéen a été tué à Rouen (F), en marge de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations ayant opposé le Sénégal à l'Algérie, vendredi soir au Caire. Le Guinéen aurait été la cible d'un Maghrébin qui l'aurait pris pour un Sénégalais.
Un Guinéen d'une trentaine d'années a succombé à ses blessures samedi au CHU de Rouen (F). «Alors qu'il était avec sa femme et pour aller suivre la finale de la CAN chez un ami de la famille, il a été apostrophé par un Maghrébin à Canteleu, près de Rouen. Cet homme a pris M. B. pour un Sénégalais et l'a traité de «Sale n...». M. B. serait sorti de son véhicule pour s'expliquer avec l'auteur des insultes. Il a reçu des coups au visage, avant de chuter lourdement et d'être blessé à la nuque», a expliqué un proche de la victime contacté par «20 minutes». Transféré à l'hôpital vendredi vers 20h dans un état comateux, le jeune père de famille a perdu la vie le lendemain.
«Il venait d'obtenir son doctorat en droit. C'était le 27 juin. M. B. était un chercheur brillant, spécialiste des politiques fiscales et douanières, notamment dans le domaine des ressources minières. Toute la communauté guinéenne est en deuil», a indiqué une connaissance de la victime établie à Seine-Maritime. «D'après sa femme, les faits se sont déroulés devant un arrêt de bus en présence de plusieurs dizaines de personnes impassibles. Personne n'a réagi. Et les secours ont tardé à venir», a indiqué dimanche un ami de la victime contacté par «20 minutes».
La police et le CHU n'ont voulu ni confirmer ni infirmer la mort du chercheur de 31 ans, chargé d'enseignement à l'Université de Rouen. «L'affaire est très sensible. Le procureur et la police ont donné des instructions pour que l'affaire soit verrouillée à ce stade de l'enquête. Tout ce que je peux vous dire, c'est que je viens de perdre un ami qui était comme un frère. Un homme brillant, promis à un bel avenir, a été lâchement tué», a indiqué un ressortissant guinéen.
Avis de décès et réaction de l'ambassadeur de Guinée
Dans la soirée de samedi, un avis mortuaire publié dans les médias guinéens a effacé les derniers doutes qui pouvaient subsister sur la fin tragique du chercheur guinéen. «Il a été victime d'une agression verbale puis physique d'une extrême violence qui lui ont causé des lésions cérébrales et l'ont mis dans un coma profond dès la soirée du 19 juillet», peut-on lire dans l'annonce nécrologique.
«C'est une grosse perte pour nous. Un jeune brillant tué par le fait d'une bêtise humaine. C'est triste», a réagi Amara Camara, l'ambassadeur de la Guinée en France.
Christophe Castaner, le ministre français de l'intérieur, a assuré dimanche que «tout est mis en œuvre pour identifier et interpeller l'auteur de l'agression».