Brexit - Scénario du pirePanique des transports et pénuries de médicaments
Boris Johnson se prépare à un Brexit à tout prix le 31 octobre. Son gouvernement a prévu un scénario catastrophe en cas de «no deal» avec l'Europe.

Le Premier ministre Boris Johnson va rencontrer les leaders européens durant toute la semaine.
wpa PoolLes jours passent et l'ultimatum dressé par le Premier ministre Boris Johnson approche à grand pas. Quoi qu'il arrive, il a promis que le Royaume-Uni sortirait définitivement de l'Union européenne le 31 octobre prochain. Et plus la date fatidique approche, plus les chances d'un accord global avec l'Europe s'amenuisent.
La perspective d'un «no deal» inquiète tellement que dans les coulisses du 10 Downing Street, on s'affaire à imaginer un scénario catastrophe pour anticiper un divorce sans accord. Dans un document interne révélé dimanche par le «Sunday Times», le gouvernement britannique décrit ce qu'il pourrait arriver de pire outre-Manche. Et les conséquences d'une sortie sans accord seraient lourdes pour le Royaume-Uni.
Trois quart des médicaments viennent du continent
Selon le rapport, le premier secteur touché sera celui des transports: ce sera la panique. Les camions passant sous la Manche subiront des retards de plusieurs jours et pour les bateaux de marchandise, l'attente sera encore bien plus longue. L'estimation étant qu'il faudrait plusieurs mois pour que le trafic reprenne à 50% de sa fréquentation actuelle. Et qui dit retard dit difficulté d'approvisionnement de tout ce qui transite par la Manche.
Ce serait le cas pour les médicaments, dont près des trois quarts sont importées depuis le continent. Le pays tout entier pourrait en manquer durant plusieurs jours. Puis viendrait s'ajouter à cela une pénurie de nourriture, faisant de fait augmenter le prix des denrées alimentaires, et un manque d'approvisionnement en carburant car deux raffineries seraient menacées de fermeture.
Le futur Premier ministre britannique Boris Johnson s'engage à mettre en oeuvre le Brexit au 31 octobre, après avoir été désigné par les membres du parti conservateur pour prendre la succession de Theresa May. "Nous allons mettre en oeuvre le Brexit le 31 octobre. Nous allons tirer parti de toutes les opportunités que cela apportera dans un nouvel esprit de "nous pouvons le faire". Et nous allons encore une fois croire en nous et en ce que nous pouvons réaliser. Et comme un géant endormi, nous allons nous relever et faire voler en éclats le doute de soi-même et du négativisme."
Ce «scénario du pire» est bien entendu hypothétique, mais il met en lumière les inquiétudes du Royaume-Uni quand à son avenir à court terme. Boris Johnson a d'ailleurs débuté cette semaine un voyage pour rencontrer les dirigeants européens et tenter d'apaiser les tensions.