TessinUne députée arrêtée pour avoir joué les passeurs
Lisa Bosia Mirra, qui siège au Grand Conseil tessinois, a été interpellée ce jeudi à Stabio (TI). Aidée par un homme, elle aurait voulu faciliter l'entrée irrégulière en Suisse de quatre migrants mineurs.

Début août, la députée socialiste s'était rendue à la frontière pour y distribuer de la nourriture aux migrants.
photo: KeystoneLa parlementaire tessinoise socialiste et fondatrice de l'ONG d'aide aux migrants «Firdaus», Lisa Bosia Mirra, a été arrêtée jeudi à Stabio (TI), rapporte Tio.ch. Il lui est reproché d'avoir voulu faciliter l'entrée irrégulière en Suisse de quatre migrants.
La politicienne de 43 ans les a accueillis à la frontière, selon les indications de la police cantonale tessinoise. Les quatre mineurs d'origine africaine ont été conduits sur sol suisse par un Bernois de 53 ans au volant d'une camionnette. Le quinquagénaire a lui aussi été interpellé. Dans le cadre de l'enquête, une unité spéciale de lutte contre les passeurs a été activée.
Autorités suisses critiquées
Mme Bosia Mirra était à Chiasso (TI) mercredi pour une conférence de presse organisée par des ONG sur la situation des migrants bloqués à Côme (It). Elle a critiqué à cette occasion l'attitude des autorités suisses face aux mineurs non accompagnés qui tentent d'entrer par la frontière sud du pays.
Depuis cet été, de nombreuses personnes sont refoulées à la douane de Chiasso (TI) et restent donc bloquées dans le nord de l'Italie, à Côme. Début août, l'aide de volontaires italiens et suisses commençait à s'organiser. «Les premiers jours, les requérants se jetaient sur la nourriture, c'était un vrai chaos!», avait alors raconté Lisa Bosia Mirra.
Déjà là, elle avait dénoncé la situation des migrants mineurs: «Il y a quelques jours, un adolescent de 16 ans a été refoulé pour la quatrième fois alors que son frère résidant en Argovie et au bénéfice d'un permis B était venu le chercher et avait assuré qu'il pouvait pourvoir à son maintien. Quelque chose ne joue pas», avait conclu amèrement la politicienne tessinoise.
Les procédures doivent être accélérées
Les procédures administratives à la frontière sud du Tessin méritent d'être accélérées au vu de la brusque augmentation des arrivées irrégulières à Chiasso par rapport à l'année dernière, c'est ce qu'ont affirmé mardi les gardes-frontière et les autorités responsables de l'asile. Cet été, il a parfois fallu traiter les dossiers de 600 personnes en une journée, a ainsi déclaré à Mendrisio (TI) Patrick Benz, spécialiste des migrations auprès du Corps des gardes-frontière (Cgfr). Chacune d'entre elles a l'opportunité, au cours de la procédure, de demander l'asile.
Chef du centre d'enregistrement et de procédure (CEP) de Chiasso, Antonio Simona a estimé pour sa part que si la situation à Chiasso a été «difficile» durant les mois d'été, elle reste calme pour l'ensemble de la Suisse. Les hébergements n'ont pas été saturés, la relocalisation des requérants dans d'autres CEP ayant bien fonctionné. Selon M. Simona, ce sont avant tout les relations avec les mineurs non accompagnés qui compliquent les procédures. Environ 40% des migrants enregistrés comme mineurs se déclarent par la suite spontanément majeurs.