Il ne vend qu'«aux Suisses, pas aux Yougoslaves»

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Xénophobie sur le NetIl ne vend qu'«aux Suisses, pas aux Yougoslaves»

Un homme qui voulait revendre une voiture a expliqué à un acheteur potentiel qu'il ne souhaitait pas faire de tractations avec des personnes issues de l'ex-Yougoslavie.

son/cga
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Des images de la discussion.

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Leser-Reporter

Un trentenaire habitant en Suisse alémanique voulait s'acheter une voiture, raconte L.B*, un de ses proches. En cherchant parmi les petites annonces sur internet, l'acheteur potentiel a dégoté une Jeep Grand Cherokee à bas prix. L'homme de 30 ans a donc contacté le vendeur via WhastApp grâce au numéro de téléphone fourni sur la plateforme.

Comme il était indiqué dans l'annonce que le véhicule était réservé, l'ami de L.B a donc demandé jusqu'à quand l'option était mise sur la voiture. En lui répondant, le vendeur a indiqué la durée de la période de réservation tout en ajoutant: «Je ne vends qu'aux Suisses, pas aux Yougoslaves». La Yougoslavie n'existant plus officiellement depuis 2006, on peut penser que le propriétaire du 4x4 englobait toutes les personnes issues des pays qui composaient le pays jusqu'au début des années 90, à savoir la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, la Serbie, la Macédoine du Nord, ainsi que le Kosovo.

Très irrité par cette remarque xénophobe, le trentenaire a cependant manié la carte de l'ironie en précisant: «Oh, d'accord. Je ne suis pas Yougoslave, je suis Albanais». Sans plus d'explication, le vendeur de la Jeep a alors conclu: «Pas de vente». Blessé par la «justification» de ce refus, l'acheteur potentiel a lâché, dépité, à son ami: «Il ne me connaît même pas. Je sais maintenant que je n'ai plus aucune chance d'obtenir cette voiture. C'est très blessant. On ne devrait pas dire des choses comme ça».

Interrogé par 20 Minuten, le vendeur se justifie. Il explique qu'il reçoit en permanence des offres de personnes qui veulent exporter des voitures dans les Balkans. «Et ils demandent généralement de faire baisser le prix d'achat». Il évoque notamment des demandes en «mauvais allemand» pour tenter de négocier des véhicules pour 100 francs.

Selon lui, le terme «Jugo» (pour «Yougo») est utilisé communément par les vendeurs de voitures de sa région. Quand on a acheté une nouvelle voiture et qu'on a assez roulé avec, et qu'on veut la revendre on dit souvent je vais la donner à un «Jugo», explique-t-il. «C'est pourquoi je n'ai pas fait allusion à l'origine lors de la conversation avec l'acheteur potentiel». L'homme dit cependant comprendre que sa déclaration a choqué l'amateur de Jeep.

*Nom connu de la rédaction

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