La vidéo controversée du CCIS est toujours en ligne

Actualisé

SuisseLa vidéo controversée du CCIS est toujours en ligne

Le Ministère public de la Confédération avait enjoint YouTube a retirer un film documentaire controversé. Il est simplement assorti d'une limite d'âge de visionnement.

Naim Cherni (à gauche), un jeune Allemand domicilié à Berne, s'était rendu sur place en octobre. Il a tourné un film et une interview du chef djihadiste Abdallah al-Muhaysini.

Naim Cherni (à gauche), un jeune Allemand domicilié à Berne, s'était rendu sur place en octobre. Il a tourné un film et une interview du chef djihadiste Abdallah al-Muhaysini.

photo: Kein Anbieter/CAPTURE D'ECRAN-YOUTUBE

Un film documentaire controversé du Conseil central islamique suisse (CCIS) est toujours visible sur YouTube.

Le Ministère public de la Confédération avait pourtant enjoint le site de le retirer. Le film est simplement assorti d'une limite d'âge de visionnement.

L'ordre de retirer le film se base sur une procédure pénale ouverte le 9 décembre par le Ministère public de la Confédération (MPC) contre Naim Cherni. La justice lui reproche d'avoir tourné un film de propagande terroriste lors d'un voyage dans les zones de combat en Syrie.

Naim Cherni, un jeune Allemand domicilié à Berne, s'était rendu sur place en octobre. Il a tourné un film et une interview du chef djihadiste Abdallah al-Muhaysini. Selon lui, il ne s'agit pas d'un film de propagande, mais d'un documentaire, avait-il souligné devant les médias après l'ouverture de la procédure.

Pas de distance

Le MPC voit la chose d'un autre oeil: il reproche à Naim Cherni d«avoir représenté de façon propagandiste son voyage dans des zones de conflit en Syrie, sans s'en distancer.

Les soupçons portent sur une violation de l'article 2 de la loi fédérale interdisant les groupes Al-Qaïda et Etat islamique (EI) et les organisations apparentées.

La vidéo et l'interview sont toujours diffusés sur Youtube. Le premier est assorti d'une limite d'âge, alors que l'interview est visible normalement. Par la voix de son porte-parole André Marty, le MPC exprime son incompréhension: le terrorisme est un problème global et la propagande en fait intégralement partie, a-t-il indiqué à l'ats.

Le MPC attend des fournisseurs internet, qu'il s'agisse de Google ou d'autres, qu'ils assument leurs responsabilités et apportent leur contribution à la lutte contre la propagande, poursuit André Marty.

Selon lui, la collaboration avec les fournisseurs, dont Google, est excellente dans d'autres domaines comme la pornographie enfantine, où ils agissent rapidement. Manifestement, la lutte contre la propagande terroriste ne fait pas partie des priorités de certains d'entre eux.

Pas de mesures judiciaires

Malgré cela, le MPC ne prévoit pas de mesures judiciaires contre le géant Google et sa plateforme vidéo YouTube. Il mise davantage sur une discussion active afin que le fournisseur prenne conscience de son rôle.

YouTube ne se prononce pas sur des vidéos individuelles. Selon un porte-parole, la plateforme suit des règles claires interdisant la violence gratuite, les discours de haine et l'incitation à la violence. Les vidéos violant ces principes sont retirées dès qu'elles sont signalées. (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion