Les pistes seront mesurées différemment

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Stations de ski menteusesLes pistes seront mesurées différemment

Une étude a révélé la semaine dernière que des stations de ski exagéraient la longueur de leurs pistes. La faîtière des remontées mécaniques suisses vient d'édicter des recommandations.

Catherine Bex
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Catherine Bex
Des stations de ski suisses exagèrent la longueur de leur domaine.

Des stations de ski suisses exagèrent la longueur de leur domaine.

«Cela peut donner l'impression que les stations de ski suisses trichent», déplore Andreas Keller, porte-parole des Remontées mécaniques suisses (RMS). Il n'est toutefois pas surpris que certaines stations gonflent artificiellement la longueur de leurs pistes. La presse alémanique en avait d'ailleurs fait ses choux gras en début d'année, suite à une étude allemande.

Dans la foulée, RMS a donc décidé d'agir face à des pratiques diverses, faute de standard. Après avoir consulté les faîtières allemande et autrichienne pour trouver des principes communs, elle a édicté des recommandations qu'elle a fait parvenir aux stations helvétiques le 2 septembre. Des règles communes sur le plan international pourraient même suivre. «Un standard de calcul sera bon pour la transparence.»

La zone freeride n'est pas une piste

Mais comment expliquer que certaines stations suisses augmentent la longueur de leur domaine de plus de 50%? «Il y a vingt ans, les pistes étaient plus étroites; elles mesuraient peut-être 50 mètres de larges. A présent, elles en font parfois plus de deux cents», explique Andreas Keller. «Certaines stations de ski, estimant que l'offre est ainsi plus étendue pour les skieurs, comptabilisent plusieurs pistes, au lieu d'une.»

Une pratique qui pourrait disparaître suite aux recommandations édictées par la faîtière suisse. Désormais, il faudra calculer «la longueur effective au milieu de la piste» et «les tronçons de pistes ne peuvent être comptés doublement que s'ils sont balisés séparément comme deux pistes différentes». En outre, les zones de freeride ne sont pas considérées comme pistes à proprement parler. Les stations peuvent communiquer cette offre hors-piste, mais ne devraient pas les mélanger avec les parcours officiels.

RMS n'a pas encore reçu de réaction suite à ces nouvelles recommandations. «Mais les stations ne sont pas obligées de nous répondre.» Quant à savoir si les stations vont appliquer ces nouveaux standards dès cet hiver, Andreas Keller ne peut le dire. «Elles n'ont pas d'obligation de suivre nos recommandations. De plus, elles impriment souvent leurs brochures en été.» Pour autant, le porte-parole se dit confiant quant à une application de ces règles.

Phénomène européen

Les stations de ski suisses ne sont pas les seules à gonfler leurs chiffres. Le phénomène est européen, selon une étude allemande. Un consultant a mesuré sur Google Earth les pistes et a constaté des écarts parfois très importants entre l'offre annoncée et la réalité.

Alors que le domaine valaisan des 4-Vallées enregistre une différence de 151%, en comptabilisant des zones hors pistes sécurisées, des stations françaises atteignent les 53% de marge positive.

Plus étonnant encore, certaines stations calculent les virages potentiels des skieurs pour rallonger leur domaine.

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